Kinshasa, 12 février 2026 (ACP).– Les objectifs stratégiques du secteur des hydrocarbures en République démocratique du Congo ont été présentés jeudi comme levier de croissance économique et de souveraineté à Kinshasa, capitale de la RD. Congo, lors d’une conférence-débat organisée par la faculté de Pétrole, Gaz et Energie renouvelable de l’Université de Kinshasa (UNIKIN).
« Le gouvernement de la RDC s’est fixé comme objectif stratégique de repositionner le secteur des hydrocarbures à travers les axes stratégiques suivants comme un levier majeur de croissance économique et de souveraineté , d’accroissement significatif de la production pétrolière nationale, moyennant une trajectoire progressive visant le passage d’environ 25 000 barils jour actuellement à un potentiel de 200 000 à 225 000 barils/jour à moyen et long terme », a déclaré Augustin Nkuba, Directeur général de Sonahydroc.
Selon lui, les objectifs stratégiques sont de valoriser durablement les ressources gazières, en particulier le gaz naturel, le gaz méthane du lac Kivu et le gaz de pétrole liquéfié, en vue de renforcer la production d’électricité, de réduire le torchage, de combattre la déforestation ainsi que de soutenir le développement industriel. Il s’agit également de renforcer les capacités institutionnelles et techniques de l’État, notamment à travers la formation des ressources humaines et la modernisation des outils économiques, ainsi que de rationaliser la gestion du secteur par la consolidation de la cartographie géologique et la maîtrise des données pétrolières nationales.
De son côté, Dona Kampata, doyen de la faculté du Pétrole, Gaz et Energie renouvelable de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), a précisé que cette rencontre a mis en évidence une réalité centrale de la RDC qui dispose d’un potentiel énergétique réel en hydrocarbures, mais demeure confrontée à une instabilité persistante des prix sur le marché local. « Cette instabilité n’est pas une fatalité, mais elle est le résultat de contraintes structurelles bien identifiées, notamment la dépendance aux importations, la vulnérabilité aux chocs externes, le déficit des données fiables et l’insuffisante maîtrise de la chaîne de valeur», a-t-il relevé. M. Kampata a ajouté que ces échanges ont eu une approche scientifique intégrée, fondée sur la recherche, la modélisation, la prévision et l’anticipation dont la communauté scientifique congolaise est appelée à renforcer la connaissance nationale des ressources et proposer des solutions réalistes en faveur de la stabilité du marché énergétique. Le doyen de la faculté de Pétroles, Gaz et Energie a appelé les étudiants à jouer un rôle déterminant dans la construction de la souveraineté énergétique de la RDC.
Stratégies d’Exploration et d’Exploitation des Bassins Sédimentaires de la RDC
Selon Augustin Nkuba, le Directeur général de la Société nationale des hydrocarbures au Congo, Sonahydroc, le tronc commun des stratégies pour tous les bassins sédimentaires, les stratégies non limitatives consistent à renforcer l’étau à mettre en place pour un processus efficient et optimal d’exploitation. «Pour les pays voisins, il faut donc que la RDC partage ses bassins fondamentaux pétroliers qui impliquent la mise en place d’une politique régionale d’exploration, un partage formel (à l’aide des accords adéquats) de connaissance et d’expertise, ainsi que des données géologiques géophysiques et géochimiques », a-t-il souligné.
A cet effet, M. Nkuba a relevé que la mutualisation de diverses ressources et moyens, en vue d’optimiser l’exploration et l’exploitation et partager les bénéfices et les risques qui en découlent des accords d’exploration et d’exploitation communes des champs pétroliers transfrontaliers. Pour lui, conduire l’exploration et l’exploitation pétrolière dans le strict respect des normes environnementales et en protégeant au maximum les zones et les écosystèmes sensibles favorise le transfert des technologies et le développement des ressources humaines nationales qui vont prendre le relais de l’exploration et de l’exploitation pétrolière dans le long terme.
En outre, le délégué facultaire, Marceille Kubakisa, a par ailleurs expliqué que la faculté de Pétrole, Gaz, et Energie renouvelable de l’Université de Kinshasa, se veut un espace d’excellence et d’innovation, à travers des partenariats fructueux avec les entreprises. Ces partenariats offrent aux étudiants des stages de qualité, des opportunités de recherche appliquée et un accès direct au monde professionnel. Notons que cette activité a été organisée sous le thème « Les hydrocarbures en RDC : entre potentiel énergétique et instabilité des prix sur le marché local ».
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