RDC: mobilisation des agents et cadres du secteur agricole pour un déploiement national

Kinshasa, 12 février 2026 (ACP).-  Les agents et cadres  du ministère de l’agriculture et sécurité alimentaire ont été réunis, mercredi à Gombe dans le centre de la capitale par le ministre de tutelle pour une séance d’information stratégique et de mobilisation marquant le lancement opérationnel de la nouvelle vision agricole du gouvernement.

<<Je vous avais dit que quand les choses seront prêtes, nous cheminerons ensemble et c’est ensemble que nous réaliserons nos objectifs. Vous ne verrez pas seulement les membres du cabinet aller en mission, aller parler de l’agriculture et laisser les administratifs dans leur bureau >>, a déclaré Muhindo Nzangu, ministre d’État de l’agriculture.

<< (…) puisque maintenant nous irons tous faire un diagnostic profond de notre secteur agricole et de son administration en province avec tous les acteurs et

J’espère que tous les agents qui sont ici ont été correctement mobilisés et se sont imprégné du manuel sur la stratégie de mise en oeuvre de la revanche du sol sur le sous-sol c’est important que tout un chacun de nous puisse avoir ce document puisqu’il a été rédigé pour nous servir 

>>, a-t-il ajouté.

Il a fait savoir que la revanche du sol sur le

sous-sol n’est pas un simple slogan d’où il a appelé les agents et cadre de son secteur à donner un contenu à cette vision du plan républicain à travers la mise en oeuvre du contenu de ce document pour l’atteinte d’une autosuffisance alimentaire qui passe obligatoirement par une réforme en profondeur du secteur, fondée sur la cohérence des initiatives, la décentralisation effective et la modernisation des structures administratives.

<< Et c’est dans cet objectif ultime que ce document a été rédigé. Je voudrais vous dire que l’objectif premier que nous avons, c’est qu’à travers l’application du contenu de ce document, que nous puissions premièrement atteindre  l’autosuffisance alimentaire pendant les trois ans, jusqu’à la fin de notre mandat. Nous devons être capables de réaliser quelques objectifs que je veux vous énumérer maintenant, notamment dans la production du maïs,  du riz et être autosuffisant pour les haricots.>>, a-t-il renchéri avant d’inviter tous les acteurs du secteur agricole à travailler ensemble, du centre aux provinces en associant l’ensemble des agents aux missions de terrain.

Selon lui, la stratégie repose sur quatre cultures vivrières majeures : le maïs, le manioc, la banane et le haricot. L’objectif est de consolider la base alimentaire nationale avant d’accélérer le développement des cultures pérennes telles que le café, le cacao et le palmier à huile.

A travers cette mobilisation tout azimuts, un vaste diagnostic national du secteur agricole sera ainsi conduit dans les provinces. Les équipes devront évaluer l’état des services agricoles, identifier les forces et faiblesses de l’administration provinciale et proposer des correctifs concrets.

La création des Centres d’appui et de Production des Services Agricoles pierre angulaire de la réforme

Lors de ces assises, le ministre Muhindo a indiqué que  la création des Centres d’Appui et de Production des Services Agricoles (CAPSA) demeure le coeur de ce dispositif de déploiement. Ces centres regrouperont sur un même site les services essentiels, notamment, la production de semences, les laboratoires d’analyse des sols, les unités de fertilisants, les services météorologiques et ateliers de motorisation agricole.

Les missions provinciales auront pour première tâche de sécuriser les sites identifiés, avec un minimum de 2 000 à 3 000 hectares par centre, et d’en assurer la régularisation foncière. Les gouverneurs, chefs des exécutifs provinciaux, seront pleinement impliqués conformément au principe de la décentralisation.

« Aucun Centre d’Appui et de Production des Services Agricoles

 ne sera réalisé sur un terrain sans titre légal », a averti le ministre.

Par ailleurs, le ministre a également dénoncé le manque de coordination dans les interventions agricoles où trop de projets seraient exécutés sans implication systématique des services étatiques.

<<Désormais, toute initiative agricole devra passer par le ministère, cependant, les inspecteurs provinciaux devront être associés en priorité à l’exécution des projets. S’il n’y a pas de cohérence, nous ne réussirons pas », a-t-il martelé, tout en estimant que la République démocratique du Congo dispose encore d’importantes réserves foncières lui permettant de redevenir un acteur agricole majeur sur le continent.

 M. Muhindo a, en outre déploré que certaines organisations bénéficient de manière répétitive des intrants agricoles au détriment d’autres producteurs.

Un registre national des agriculteurs est en cours de constitution afin d’assurer une distribution plus équitable des semences et fertilisants.

« Nous voulons des coopératives orientées vers la production et la rentabilité, pas des structures de façade », a-t-il insisté, annonçant que les futurs appuis privilégieront les regroupements productifs.

Reconnaissant certaines insuffisances techniques observées sur le terrain, il a annoncé une mise à niveau du personnel, une évaluation des compétences et un redéploiement stratégique vers les provinces avec pour ’objectif de déconcentrer l’expertise, souvent jugée trop centralisée à Kinshasa, et de renforcer les capacités locales.

Enfin, le ministre a évoqué la mise en place d’un mécanisme de financement plus stable afin d’assurer le fonctionnement permanent des futurs centres agricoles. Des discussions seraient en cours pour sécuriser des ressources durables et intégrer ces infrastructures dans les budgets exécutifs.

Avec cette feuille de route, le ministère entend amorcer une réforme structurelle visant la modernisation administrative, la professionnalisation des acteurs et, à terme, la souveraineté alimentaire du pays. ACP/C.L.

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