Kinshasa, 5 mars 2026 (ACP).- Plus de 200 creuseurs clandestins ont perdu la vie mercredi à Rubaya, territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu (Est de la République démocratique du Congo), suite à un éboulement d’une extrême gravité sur les sites miniers, selon un communiqué du ministère des Mines consulté jeudi par l’ACP.
« Le ministère des Mines porte à la connaissance de l’opinion nationale et internationale qu’un éboulement, d’une extrême gravité s’est produit encore une fois le 3 mars 2025, sur les sites miniers de Rubaya, territoire de Masisi, au Nord-Kivu (…). Plus de 200 compatriotes ont perdu la vie, dont environ 70 enfants mineurs parmi les victimes», a-t-on lu dans le communiqué du ministère des Mines.
Cet éboulement, a précisé la source, fait suite aux pluies diluviennes exceptionnelles ayant entrainé un glissement de terres massives qui a englouti plusieurs galeries situées dans cette zone actuellement sous occupation de la rébellion AFC/M23, rendant particulièrement complexe toute intervention pour secourir les exploitants miniers coincés par la boue.
Le bilan provisoire fait état de plus de 200 morts, dont environ 70 enfants mineurs parmi les victimes, et de nombreux blessés évacués vers les structures sanitaires de Goma, renseigne le communiqué.
Le gouvernement de la République a dénoncé avec la plus grande fermeté les conditions d’exploitation précaires imposées aux populations civiles dans ces zones hors de contrôle de l’État. L’absence forcée du Service d’assistance et d’encadrement des Mines Artisanales et à Petite Échelle (SAEMAPE) et des services de régulation, du fait de l’agression, prive les artisans miniers de tout encadrement sécuritaire élémentaire, a relevé le communiqué.
Des mesures préventives du gouvernement

Vue partielle des creuseurs sur le site minier
Selon le communiqué, le gouvernement avait anticipé ces risques en prenant des mesures de protection juridique et sécuritaire dont : le reclassement en zone rouge, par l’Arrêté Ministériel du 12 février 2025, prorogé par l’Arrêté Ministériel du 3 novembre 2025, le site minier de RUBAYA, Initialement classé « vert ». A cet effet, le site minier de Rubaya a été reclassé en zone rouge conformément aux normes du Mécanisme régional de certification de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) et du Guide de l’Organisation de Coopération et de développement Économique (OCDE) pour des chaînes d’approvisionnement responsables en minerais provenant de zones de conflit ou à haut risque, a rapporté la source.
Outre le reclassement en zone rouge, ce statut interdit formellement toute extraction et commercialisation, signalant à la Communauté internationale que les minerais issus de cette zone sont entachés de violations des droits humains, de travail forcé et de présence de groupes armés.
Des mesures et engagements
Pour le suivi humanitaire, le ministère des Mines, à travers sa Division délocalisée à Beni, suit l’évolution des opérations de secours et s’associe aux appels des partenaires humanitaires en faveur d’une protection renforcée des enfants.
Par ailleurs, ce drame rappelle l’urgence absolue du rétablissement de l’intégrité territoriale afin de mettre fin à l’exploitation illégale et dangereuse des ressources nationales, a révélé la source, avant d’ajouter que le gouvernement s’engage à fournir des mises à jour régulières au fur et à mesure de l’identification des victimes.
« En ces circonstances douloureuses, le ministère des Mines présente, au nom du gouvernement, les condoléances les plus sincères aux familles éprouvées ainsi qu’à l’ensemble de la Nation congolaise», a conclu la source.
ACP/JF

