RDC : plus de 6 000 000 USD d’indemnisation minière proposée comme préjudice environnemental à Lubumbashi

Kinshasa, 25 février 2026 (ACP).- Une indemnisation globale de 6 682 067 USD, répartie entre compensations individuelles et réparation collective forfaitaire, a été proposée mardi par des organisations de la société civile de la République démocratique du Congo, à la suite de l’incident environnemental survenu en novembre 2025 sur un site minier à Lubumbashi (sud-est du pays), selon un communiqué consulté par l’ACP.

« Les organisations de la société civile ont rendu publique une note d’analyse experte sur les conclusions de la Commission interministérielle spéciale d’enquête relative au déversement des eaux du bassin de rétention de l’entreprise CDM à Joli Site, à Lubumbashi. Sur le plan financier, la Commission propose une indemnisation globale de 6 682 067 USD, ventilée entre compensations individuelles et réparation collective forfaitaire et des pénalités pécuniaires estimées à 6 628 910 USD », a-t-on lu dans le communiqué du ministère des Mines.

Selon la source, les organisations de la société civile ont salué un travail « multidisciplinaire de haut niveau », mené par des experts universitaires, des services techniques de l’État et des spécialistes indépendants en environnement, santé publique, droit et ingénierie minière.

Le rapport ministériel a souligné que la réparation ne se limite pas à une enveloppe financière. Il impose également l’élaboration de plans d’urgence, un programme structuré de dépollution et de réhabilitation des sols et des eaux, l’installation de puits de surveillance, des stations de mesure de la qualité de l’air ainsi que des travaux de drainage et de traitement des effluents.

« La Commission fonde ses recommandations sur les textes légaux en vigueur, notamment le Règlement minier, la loi-cadre sur l’environnement et la loi relative à l’eau. Elle invoque le principe du pollueur-payeur et la responsabilité de l’entreprise pour les dommages causés aux personnes, aux biens et à l’environnement. », a rapporté la source.

Concernant les impacts sanitaires différés, la note a souligné une approche prudente mais structurée. A cet effet, la Commission a recommandé la prise en charge des victimes potentielles sur une période d’au moins cinq ans, via un mécanisme indépendant et contradictoire.

La société civile a préconisé également d’orienter une partie de la réparation collective vers des investissements structurants en santé publique, notamment la construction d’infrastructures sanitaires au bénéfice des communautés touchées.

Elle a également recommandé l’institutionnalisation d’un mécanisme permanent de suivi, de contrôle et de prévention des incidents miniers, chargé d’assurer l’exécution effective des obligations imposées à l’entreprise.

À travers cette note, les organisations signataires affirment leur volonté de garantir une réparation équitable, mesurable et durable, tout en renforçant la gouvernance environnementale dans un contexte minier sensible pour la province du Haut-Katanga. ACP/UKB

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