RDC : recensement national, des intentions des contributions dépassent les prévisions du FNUAP

Kinshasa,  25 mars 2026(ACP).-Des intentions des contributions des partenaires financiers au programme du deuxième recensement de la population en République démocratique du Congo ont dépassé les prévisions budgétaires annoncées par FNUAP (Fonds des Nations unies pour la population), évalué à 192 millions USD contre plus de deux cents millions USD annoncés, selon un communiqué parvenu mercredi à l’ACP. 

« Les Bailleurs de fonds qui ont participé, le 23 mars 2026 au Fleuve Congo Hôtel, à la Table ronde sur la mobilisation des ressources pour le financement du deuxième recensement de la population et de l’Habitat (RGPH-2) prévu en République démocratique du Congo (RDC), ont annoncé des contributions de plus de 200 millions de dollars USD, allant au-delà du budget initial arrêté à 192 millions de dollars USD. Il s’agit des engagements des Partenaires techniques et financiers (PTF) de la RDC en faveur du RGPH-2 », a-t-on lu.

Le communiqué a précisé que les contributions annoncées comprennent des apports financiers et des appuis de divers ordres, notamment en matière de logistique, de renforcement des capacités et de modernisation des structures chargées de l’organisation du recensement, pour leur durabilité.

Apport pour la mobilisation de fonds des partenaires

Des partenaires techniques et financiers

Evoquant la problématique de la mobilisation de fonds, la Banque centrale du Congo  (BCC) est impliquée dans la sécurisation des fonds nationaux, avec 30 millions USD déjà mobilisés par le gouvernement congolais pour alimenter le panier commun.

Par la gestion fiduciaire, la banque collabore avec l’UNFPA, qui assure la gestion fiduciaire des fonds du panier commun destinés au recensement.

Le soutien à la stabilité, bien que non mentionnée directement comme bailleur de fonds principal, la BCC, à travers sa politique monétaire (notamment la hausse du taux directeur), contribue à la stabilité économique nécessaire au bon déroulement de ce processus. 

Cependant, le RGPH-2, essentiel pour doter la RDC de données démographiques fiables pour la planification, est soutenu par d’autres partenaires clés comme la Banque Mondiale (75 millions USD) et la BAD (80 millions USD). 

Le Fonds monétaire international (FMI) soutient le RGPH-2 en RDC (coût total : 192 millions USD) pour assurer la mobilisation des ressources nationales. 

La contribution principale du FMI au RGPH-2 résulte du soutien indirect et cadrage budgétaire, car, le FMI ne finance pas directement les opérations de terrain, mais garantit la stabilité macroéconomique, permettant à l’État de dégager des fonds pour le recensement, en appuyant la RDC à travers la Facilité élargie de crédit (FEC) et la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Cela inclut une meilleure gestion des dépenses et l’élargissement de l’assiette fiscale, ce qui aide à sécuriser les 30 millions USD mobilisés par le gouvernement congolais pour le RGPH2.

Le communiqué a souligné également que le FMI soutient le deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2) en RDC en renforçant la gouvernance économique, en particulier la gestion des finances publiques et l’élargissement de l’assiette fiscale, dans le cadre de ses programmes de financement en cours. 

Le RGPH-2 (Recensement général de la population et de l’habitat) bénéficie des soutiens internationaux cruciaux, notamment de la Suède et de la Norvège, agissant comme bailleurs de fonds aux côtés d’autres partenaires pour soutenir des réformes structurelles

La Côte d’Ivoire, de son côté, pilote l’opération en assurant le cadre légal, le recensement effectif et l’utilisation des données pour ses politiques publiques. Elle est (Maître d’œuvre)  via l’Agence nationale de la statistique, assure la maîtrise d’ouvrage, l’organisation, la collecte et l’analyse des données, en conformité avec la Charte africaine de la statistique. Le RGPH-2 est une priorité nationale pour piloter des politiques de développement comme le Plan national de développement (PND).

La Suède et la Norvège, Bailleurs de fonds,  font partie des partenaires financiers internationaux avec les USA, le Royaume Uni, l’UE, le Danemark, les Pays-Bas, qui soutiennent le recensement pour en garantir la qualité, l’indépendance technique et l’alignement sur les standards internationaux. Ces contributions financières sont cruciales, notamment dans des contextes de mise à jour de données nationales. 

Par ailleurs,  les résultats suggèrent que ces contributions s’inscrivent dans un contexte global de financement de recensement en Afrique, particulièrement pour la RDC, mais s’appliquent également à la Côte d’Ivoire dans le cadre de ses propres réformes statistiques. 

Cette table ronde organisée sous le haut patronage du Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, par le ministère du Plan et de la Coordination de l’aide au développement et l’accompagnement du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), a été saluée par tous les intervenants comme un « moment historique ». 

Elle intervient, en effet, dans un contexte où la RDC ambitionne de se doter de données démographiques fiables, actualisées et inclusives indispensables à une planification efficace du développement et à une meilleure allocation des ressources publiques, 42 ans après le recensement du même genre organisé dans le pays en 1984.

Point de départ pour un Congo nouveau

A cet effet, le Président de la République avait fait remarquer que cette Table ronde du 23 mars a marqué ainsi le point de départ d’un Congo nouveau qui « se connait mieux, se planifie mieux et avance avec lucidité vers sa transformation ».  

« Un pays qui ne se connait pas, ne peut pas pleinement se gouverner ; un pays qui ne se compte pas ne peut pas correctement se planifier ; un pays qui ne se comprend pas ne peut pas durablement se transformer », a-t-il dit, au sujet du recensement de la population et de l’habitat. 

En signe d’appropriation du processus, le Président avait annoncé une contribution de 30 millions USD de la RDC dans le « basket fund RGPH-2 ». Il a également remercié les bailleurs de fonds et partenaires pour leurs engagements financiers.

Le ministre d’Etat, en charge du Plan, Guylain Nyembo, avait aussi exprimé sa profonde reconnaissance à l’ensemble des Partenaires techniques et financiers (PTF) pour leurs engagements en faveur du RGPH-2.

Il a rappelé le contexte dans lequel, le pays a évolué durant les 42 dernières années marquées par l’absence de données démographiques fiables, actualisées et inclusives, ce qui a constitué un défi pour la planification et la mise en œuvre des politiques publiques. 

« Le processus aujourd’hui engagé s’inscrit dans la volonté de doter notre pays d’un système statistique moderne, capable de soutenir la prise de décisions, d’orienter les investissements et de renforcer l’efficacité de l’action publique, conformément au principe de ne laisser personne de côté», a-t-il affirmé.

ACP/UKB 

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