RDC: recommandation d’un audit sur la passation des marchés des plaques d’immatriculation

Kinshasa, 8 janvier 2026(ACP).- Un audit indépendant du processus de passation des marchés des plaques d’immatriculation en République démocratique du Congo a été recommandé à Kinshasa par une coalition, en vue de lutter contre la corruption et les flux illicites, selon un communiqué consulté jeudi par l’ACP.

«La coalition le Congo N’est Pas À Vendre » (CNPAV) recommande au gouvernement congolais de procéder à un audit indépendant du processus de passation des marchés des plaques d’immatriculation et du montage financier en vue de lutter contre la corruption et les flux financiers illicites », a-t-on lu.

Selon ce document, dans le même cadre, la coalition a recommandé la publication intégrale de tous les contrats, avenants et arrêtés relatifs aux marchés des plaques minéralogiques ; l’ouverture d’enquêtes judiciaires sur les soupçons de conflits d’intérêts, d’enrichissement illicite et de détournement de fonds publics.

Il s’agit également de la suspension immédiate de l’opération de changement obligatoire des plaques jusqu’à la clarification complète, le respect strict de la loi sur les marchés publics ainsi qu’une réforme garantissant que les recettes issues de l’immatriculation bénéficient prioritairement au peuple congolais.

Le communiqué a rappelé que l’ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi, avait mise en place plusieurs initiatives, notamment la réforme structurelle du secteur avec des objectifs clairs portant sur la digitalisation des procédures d’immatriculation afin de réduire les délais et les tracasseries  administratives.

 Il s’agissait également de la fixation de prix officiel de la plaque à 120 USD, l’augmentation de la part revenant au trésor public.

Selon le communiqué, un appel d’offre a été lancé dans ce cadre, suscitant l’intérêt de grands producteurs internationaux reconnus, notamment « UTAL » (Pologne), « UTSCH » Allemagne et « Tönjes ». Ce changement consistait à abandonner la plaque en aluminium, pourtant au cœur de la phase de pré qualification, au profit d’une plaque en plexiglas (plastique). Cette modification a eu pour effet d’exclure de facto plusieurs entreprises pré-qualifiées, tout en favorisant la société belge Castillo Valere BV.

Un partenariat public-privé prolongé de manière opaque

Depuis 2009, l’État congolais était lié à la société UTSCH Congo par un partenariat public-privé portant sur la fourniture des plaques minéralogiques, des cartes roses et d’un système informatique d’identification des véhicules. Bien que ce contrat ait officiellement pris fin en 2019, il a été prolongé jusqu’en 2023 à la suite d’un jugement obtenu dans des conditions demeurées transparentes.

Il sied de signaler que la coalition Le Congo N’est Pas A vendre « CNPAV » regroupe des organisations de la société civile congolaise et internationale engagée pour la transparence et la redevabilité dans la gestion des ressources naturelles.

 ACP/JF

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