Kinshasa, 4 octobre 2026 (ACP).- L’effet du marché des changes parallèle sur la stabilité monétaire en République démocratique du Congo, a été examiné samedi à Kinshasa, par un économiste congolais, lors de sa défense de mémoire d’Etudes approfondies à l’Université de Kinshasa, selon le document parvenu dimanche à l’ACP.
« Cette étude analyse l’effet du marché des changes parallèle sur la stabilité monétaire en République démocratique du Congo (RDC), dans un contexte marqué par une forte dollarisation, une faible confiance dans les institutions monétaires ainsi que l’importance de l’économie informelle des changes », a déclaré Christ Kahambwe, auteur d’un mémoire de DEA (Diplôme d’Etudes approfondies) à l’Université de Kinshasa.
Selon l’économiste, cette étude a pour objectif d’évaluer, d’une part, l’influence du marché des changes parallèle sur la stabilité monétaire exprimée en termes du taux d’inflation et, d’autre part, évaluer la mesure dans laquelle la politique monétaire rétablit la confiance dans la monnaie nationale.
M. Kahambwe rappelé que le marché des changes parallèle, également appelé marché informel de devises ou marché noir des changes, désigne un système d’échange de monnaies étrangères qui se développe en dehors des circuits officiels et des mécanismes réglementés par les autorités monétaires.
Il a indiqué que l’impact de ce marché sur la stabilité monétaire en RDC trouve sa justification dans son rôle croissant joué au sein d’une économie caractérisée par une forte dollarisation, et une confiance encore limitée dans la monnaie nationale.
« L’analyse du cadre théorique a permis de mettre en évidence que le marché des changes parallèle constitue un phénomène économique complexe dont l’émergence est généralement liée aux déséquilibres macroéconomiques, aux imperfections du marché officiel des changes, aux anticipations des agents économiques ainsi qu’aux problèmes de crédibilité des politiques économiques », a-t-il précisé.
Pour limiter l’impact du marché des changes parallèles sur l’économie congolaise, l’économiste Kahambwe a préconisé la préservation durable de la stabilité monétaire en veillant sur une bonne coordination entre la politique monétaire et budgétaire, d’améliorer la structure économique et de mener des politiques incitatives susceptibles de réduire le marché de change parallèle.
Le marché des changes parallèle présente un effet négatif sur l’économie congolaise
L’auteur a, par ailleurs, indiqué que les analyses empiriques ont confirmé que le marché des changes parallèle a un effet négatif sur la stabilité monétaire en RDC, car elle favorise les pressions inflationnistes, et la politique monétaire de la BCC ne restaure pas significativement la confiance dans la monnaie nationale, suite à plusieurs facteurs notamment la dollarisation, le dualisme du marché des changes et le défaut de coordination entre la politique budgétaire et la politique monétaire.
« En conséquence, la BCC et le gouvernement devraient prendre des décisions pour améliorer les politiques incitatives menant à l’intégration progressif du marché de change parallèle dans le marché des changes régulé (unification du marché des changes) », a-t-il soutenu, précisant que cette approche ne sera pérenne qu’avec une coordination adéquate entre la politique monétaire et la politique budgétaire afin de préserver la stabilité monétaire et restaurer progressivement la confiance dans le franc congolais.
« Ainsi, il s’agit de renforcer les fondamentaux économiques à long terme du pays, ce qui constituera une étape efficace vers une réduction progressive, mais durable, de la prédominance du marché des changes parallèle, et représentera également une consolidation de la stabilité monétaire en RDC », a-t-il conclu.
ACP/JM

