Kinshasa, 10 mars 2026 (ACP).- Le programme américain dénommé African Growth and Opportunity Act (AGOA) a été considéré comme un levier pour la diversification de l’économie en RD. Congo, étant donné que le gouvernement cherche à redresser son industrie tournée vers le secteur minier, a affirmé un économiste dans un entretien mardi avec l’ACP.
«Le programme américain de l’AGOA représente un levier pour la diversification de l’économie, en encourageant la transformation industrielle et en réduisant la dépendance aux exportations de matières premières brutes.
Les avantages de l’AGOA sont multiples pour la RDC car elle pourra favoriser l’augmentation des exportations, la création d’emplois et le développement des chaînes de valeur locales», a affirmé Trésor Kalonji, économiste et président du chapitre des anciens boursiers de Yali RLC East Africa.
Selon lui, la RDC fait partie des pays bénéficiaires de ce programme même si son parcours au sein de l’AGOA a connu des interruptions.
«Suspendue en 2017 pour des préoccupations liées au respect des droits de l’homme, la RDC a été réintégrée dans le dispositif en décembre 2020, retrouvant ainsi l’accès à un marché de plus de 100 millions de consommateurs», a-t-il dit.
M. Kalonji a révélé que cette réintégration, ouvre de nouvelles perspectives pour l’économie congolaise, notamment dans un contexte où les autorités cherchent à diversifier les exportations nationales encore fortement dominées par les ressources minières.
A ce jour, la RDC expédie sous forme brut des produits d’une valeur d’environ 600 millions USD.A ce jour, les produits exportés de la RDC vers les Etats-Unis, sont expédiés sous forme brut, et représentent une valeur d’environ 600 millions de dollars générés par une cinquantaine d’entreprises. Dans cette perspective, a soutenu M. Trésor Kalonji, le gouvernement congolais a adopté en juillet 2024, une stratégie nationale destinée à structurer et à dynamiser la participation du pays à ce programme.
Cette stratégie identifie plusieurs secteurs porteurs susceptibles de bénéficier de l’accès préférentiel au marché américain.
«Au total, 26 filières économiques ont été retenues, dont 21 dans les secteurs non miniers et cinq dans le secteur minier afin d’augmenter la valeur des exportations congolaises.
Pour les entrepreneurs congolais, l’AGOA représente une opportunité réelle, mais son accès nécessite le respect de certaines conditions», a-t-il prévenu.
Les conditions d’exportation vers l’espace AGOAEn ce qui concerne les conditions d’exportation des produits fabriqués ou transformés localement les entreprises doivent être légalement enregistrées en RDC. Ces entreprises doivent aussi respecter la règle dite de la valeur ajoutée locale, qui exige qu’au moins 35 % de la valeur du produit provienne du pays bénéficiaire ou de la région.
À cela s’ajoute l’obligation de se conformer aux normes commerciales et sanitaires en vigueur aux États-Unis.
Les entreprises doivent également établir des partenariats avec des importateurs ou distributeurs présents sur le marché américain afin de faciliter la commercialisation de leurs produits.
«Aux entrepreneurs congolais de saisir la balle au bond et d’accéder à un marché porteur, grâce auquel, ils pourront développer des nombreuses filières industrielles», a soutenu l’économiste.
L’AGOA constitue l’un des principaux instruments de coopération commerciale entre les États-Unis et les pays d’Afrique subsaharienne.
Adoptée le 18 mai 2000 par le Congrès américain, cette loi vise à stimuler la croissance économique sur le continent africain en facilitant l’accès de ses produits au marché américain.
Concrètement, l’AGOA permet aux pays africains éligibles d’exporter vers les États-Unis plus de 6000 catégories de produits sans droits de douane ni quotas.
Ce mécanisme commercial préférentiel offre ainsi aux économies africaines une opportunité d’accroître leurs exportations, de développer leurs industries locales et de renforcer leurs relations économiques avec les Etats-Unis.
ACP/ODM

