Kinshasa, 23 avril 2026 (ACP).- L’industrialisation en République démocratique du Congo a été considérée comme une priorité mercredi, par le vice-Premier ministre en charge de l’Economie nationale, lors de l’ouverture de la 9ieme édition de la semaine française de Kinshasa, placée sous le thème : « RDC-France, perspectives partagées ».
« Il s’agit de passer d’un modèle essentiellement fondé sur l’exportation des matières premières et l’importation des produits finis à un partenariat plus intégré, fondé notamment sur l’industrie. Ces assises sont une plateforme de promotion de l’offre française en RDC un lieu d’échange avec une saveur particulière», a déclaré Daniel Mukoko, vice-Premier ministre en charge de l’Economie nationale.
Selon le vice-Premier ministre, les volumes des transactions commerciales entre les deux pays qui ont dépassé 200 millions de dollars pour la période 2021- 2022 bien que progressifs et témoignant de l’existence d’un socle d’échanges commerciaux structuré, sont appelés à être consolidés et amplifiés. Ceci notamment à travers une meilleure diversification des flux, une intensification des relations d’affaires et une amélioration des conditions d’accès au marché pour les opérateurs économiques des deux pays.
« Cette évolution des deux économies, française et congolaise, s’inscrit dans un environnement international marqué par la recomposition des chaînes d’approvisionnement, la transition énergétique et la recherche de nouveaux relais de croissance, portant les facteurs des réformes de l’intérêt stratégique de la RDC et la pertinence d’un partenariat économique renouvelé avec la France », a dit Mukoko Samba.
« À cette dynamique commerciale s’ajoute une présence économique française de plus en plus active en RDC, quoique plus faible par rapport à certains pays africains, avec environ une trentaine d’entreprises ou filiales implantées occupant des positions clés dans les secteurs structurants tels que les télécommunications, l’hôtellerie, les services et l’industrie», a-t-il ajouté.
Selon le vice-Premier ministre, cette implantation traduit une confiance dans le potentiel du marché congolais et contribue à la diffusion des standards internationaux en matière de gestion, d’innovation et de qualité des services. Toutefois, au-delà de ces acquis, l’enjeu majeur réside désormais dans la transformation qualitative de cette relation économique.
« Ces assises sont une plateforme de promotion de l’offre française en RDC, un lieu d’échange avec une saveur particulière. Et cette neuvième édition revêt à cet égard une portée singulière par le choix des thématiques pertinentes, notamment l’économie verte et durable, les infrastructures résilientes et inclusives, la transformation digitale au service du développement ainsi que la valorisation des ressources minières», a circonscrit le professeur Mukoko.
M. Mukoko Samba a précisé que les choix économiques sont indissociables des enjeux de souveraineté, de sécurité et de stabilité à ce jour, soulignant que les chaînes d’approvisionnement, l’accès à l’énergie, la maîtrise des technologies critiques, la localisation des infrastructures industrielles et logistiques sont devenus des enjeux stratégiques à part entière.
Les implications de décisions économiques
A cette occasion, Daniel Mukoko, vice-Premier ministre en charge de l’Economie a souligné que dans ce nouveau contexte, chaque décision économique a des implications géopolitiques et chaque position géopolitique conditionne la performance économique.
« Les États qui n’intègrent pas cette réalité s’exposent à des vulnérabilités accrues. Ceux qui l’assument renforcent durablement leur capacité d’influence et de développement. Le XXIe siècle sera celui des États capables d’organiser leurs ressources, de sécuriser leur énergie, de structurer leur industrie, de maîtriser leurs infrastructures critiques et d’attirer des financements à long terme», a-t-il dit.
Cependant, il sera question, selon lui, des pays qui sauront transformer les atouts naturels en puissance économique durable. Et malgré tout ce que l’on peut penser ou que l’on peut dire, la RDC appartient bel et bien à cette catégorie de pays. La transition mondiale vers une économie basse carbone dépend étroitement d’un approvisionnement sûr et durable.
« Soit les entreprises choisissent d’observer les recompositions en cours, soit elles décident de s’y positionner pleinement, car la compétition d’aujourd’hui n’est plus seulement commerciale. Elle est une course de présence, d’ancrage, de confiance, de technologie, de financement et de vision. Une course où la rapidité compte, mais où la profondeur du partenariat est décisive », a renchéri M. Mukoko.
Dans ce cadre, il a rappelé les avancées enregistrées par la RDC, qui constituent des signaux qu’il convient de savoir lire, notamment les perspectives du Fonds monétaire international(FMI) projettent une croissance de 5,9 % en 2026, avec une inflation maîtrisée à 3,3 %.
« Plus récemment encore, notre pays a réussi sa première émission d’eurobonds de 1,25 milliard de dollars, opération marquée par une forte demande des investisseurs et interprétée comme un signal de confiance accru dans la signature congolaise et dans le potentiel stratégique du pays », a dit le vice-Premier ministre.
La 9ème édition de la Semaine Française de Kinshasa prévue du 22 au 24 avril 2026 est organisée par la Chambre de commerce et d’industrie franco-congolaise (CCIF) en collaboration avec l’Ambassade de France en RDC.
ACP/JF

