Véhicules électriques en RDC : le cuivre présenté comme principal défi minier d’ici 2040

Kinshasa, 18 août 2026 (ACP).- Le cuivre, élément chimique de numéro atomique 29, a été présenté à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo(RDC), comme principal défi minier d’ici 2040 dans la fabrication des véhicules électriques, selon le rapport international publié par une agence mondiale de recherche, consulté mardi par l’ACP.

« Le cuivre a été présenté comme le principal défi minier d’ici 2040, devant le cobalt (WoodMac). Le cuivre pourrait constituer le principal goulot d’étranglement minier d’une adoption plus rapide des véhicules électriques », a-t-on lu.

Selon la source, Wood Mackenzie a estimé au contraire que les minerais disponibles dans le monde sont suffisants pour accompagner une adoption plus rapide des véhicules électriques. La difficulté serait de mettre assez vite de nouvelles capacités de production.

Le document a indiqué que pour suivre cette hausse de la demande, l’industrie cuprifère devrait augmenter le rythme auquel elle met en service de nouvelles capacités. Alors qu’elle en ajoute en moyenne 850 000 tonnes par an sur une longue période, ce volume devrait atteindre près de 960 000 tonnes par an jusqu’en 2040.

Le cabinet Wood Mackenzie a estimé que cet effort nécessiterait 25 milliards de dollars d’investissements supplémentaires, en plus des quelque 250 milliards déjà attendus dans le secteur, selon son scénario de référence.

L’écart paraît limité, mais sa réalisation suppose de développer de nouveaux projets ou d’étendre des mines existantes dans les délais requis. Entre la découverte d’un gisement, les études, le financement, les permis, les infrastructures et la montée en puissance de la production, plusieurs années peuvent s’écouler, a rapporté la source.

« Le cobalt présente une configuration différente. Wood Mackenzie le considère, avec le manganèse, comme moins exposé à un blocage de l’offre dans ce scénario. Une partie des besoins supplémentaires pourrait être satisfaite comme sous-produit des mines de cuivre en RDC et des opérations de nickel en Indonésie », a-t-on lui.

Un potentiel à concrétiser en Afrique

A cet effet, le communiqué a précisé que si ces prévisions se confirment, elles donneraient une place particulière aux grands bassins cuprifères africains.

Wood Mackenzie a cité la RDC, avec l’Argentine et le Pakistan, parmi les juridictions où davantage de capitaux pourraient être nécessaires pour soutenir la croissance de l’offre.

Le rapport a estimé aussi que des difficultés persistantes à développer de nouveaux projets au Chili, au Pérou ou aux États-Unis pourraient favoriser des investissements dans des pays jugés plus risqués, notamment de la part de groupes chinois soutenus par l’État.

La source a relevé que la RDC et la Zambie figurent déjà parmi les pays susceptibles d’ajouter des volumes importants au cours de la prochaine décennie. Dans son Global Critical Minerals Outlook 2026, publié en juillet, l’Agence internationale de l’énergie  (AIE) a ramené de 30 % à environ 25 % la part de la demande mondiale de cuivre qui pourrait ne pas être couverte en 2035. Cette amélioration s’explique notamment par de nouvelles capacités attendues dans les deux pays.

Selon l’AIE, la RDC et la Zambie devraient représenter ensemble environ 650 000 tonnes de capacités supplémentaires en 2035 par rapport aux projections établies un an plus tôt. En RDC, cette révision repose sur une hausse des volumes de minerais oxydés attendus et sur plusieurs extensions de mines, dont Kisanfu. En Zambie, elle intègre l’agrandissement de Lumwana ainsi que plusieurs projets de moindre taille, a rapporté la source.

ACP/K

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