Bunia, 13 mai 2026 (ACP).- Quelque 245 cas de disparition d’enfants ont été documentés en une année dans la province de l’Ituri, dans le Nord-est de la République démocratique du Congo, entre la RDC et l’Ouganda, a alerté mercredi un consultant de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), lors d’un atelier consacré à ce fléau.
« En une année, il y a eu 245 cas de disparition d’enfants enregistrés uniquement au niveau de la province de l’Ituri entre la RDC et l’Ouganda », a expliqué le Dr Elie Telo, expert international dans la lutte contre la traite des personnes au sein de l’OIM. Évoquant les causes de cette situation, il a poursuivi : « Par exemple, il existe plus de 450 pistes non contrôlées où il n’y a pas de services de l’État, notamment la Direction générale de migration (DGM) et le Programme national de l’hygiène aux frontières (PNHF), pour assurer la sécurité des flux migratoires et combattre ce fléau à l’échelle de la province ainsi qu’au niveau des points frontaliers ».
M. Telo a également laissé entendre que plusieurs autres facteurs sont à la base de cette situation, notamment la pauvreté, les conflits armés qui déstabilisent l’Ituri ainsi que l’ignorance de la loi en la matière.
En guise de prévention contre la traite des personnes, il a justifié l’organisation de cette activité qui englobe plusieurs actions axées sur la communication pour le changement de comportement. « En matière de protection, il faudra vraiment renforcer les capacités des prestataires de prise en charge afin qu’ils parviennent à offrir une assistance holistique aux victimes de traite des personnes au niveau de la province, surtout dans les points frontaliers », a-t-il fait savoir..
Par ailleurs, M. Telo a mis en exergue la nécessité de former les acteurs de la chaîne judiciaire, notamment les Officiers de police judiciaire (OPJ), les procureurs et les juges, sur les textes de loi criminalisant la traite des personnes, afin de mieux lutter contre ce phénomène.
Plusieurs acteurs issus des communautés, de la société civile, de la justice ainsi que des partenaires internationaux ont pris part à ces assises, signale-ton. ACP/C.L.

