Bukavu : une jeune femme agronome révolutionne la gestion locale des déchets

Bukavu,  24 février 2026 (ACP).- Une jeune femme agronome de Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a révolutionné la gestion des déchets organiques par la transformation des rebuts ménagers en ressources productives, a constaté mardi l’ACP. « Nous avons les compétences et la créativité pour transformer nos défis en opportunités durables. Travailler avec les déchets n’est pas honteux, c’est un acte d’amour pour ma communauté. Le développement de l’Afrique passera par des solutions locales, inclusives et respectueuses de l’environnement ». a déclaré Joëlla Mujijima Buhendwa de l’Université Catholique de Bukavu.

Spécialisée en production végétale, la jeune chercheuse a orienté ses travaux vers l’élevage de la mouche soldat noire, un insecte reconnu pour sa capacité à valoriser les déchets organiques. Face à l’insalubrité urbaine et au chômage des jeunes, elle a fondé  »AstiFerme », une entreprise d’économie circulaire qui produit des protéines pour l’alimentation animale, du frass utilisé comme engrais organique et de l’huile à usage cosmétique. Son initiative contribue à la réduction des déchets, à la baisse des importations d’intrants et à la création d’emplois verts.

«Je n’ai pas vu des ordures, j’ai vu de l’or dur. Les déchets que nous produisons chaque jour peuvent devenir une richesse si nous changeons notre regard. C’est cette conviction qui a guidé la naissance d’AstiFerme», a-t-elle ajouté.

Formée au leadership et engagée dans des actions communautaires, elle a également servi comme Web Watcher pour l’UNICEF et s’est investie dans la mobilisation citoyenne de jeunes filles à Bukavu. Élue chargée de gestion de la paix à Nyalukemba, elle a été formée comme ambassadrice de la paix, consolidant le lien entre agriculture, cohésion sociale et résilience communautaire.

«L’agriculture ne se limite pas aux champs. Elle touche à la paix, à la dignité et à l’autonomie des communautés. Lorsque nous créons des opportunités locales, nous renforçons aussi la cohésion sociale», a-t-elle affirmé.

En 2025, elle avait obtenu un Master en agronomie avec une recherche consacrée à la mouche soldat noire, démontrant la possibilité de concilier rigueur scientifique et entrepreneuriat. La même année, son engagement a été salué sur la scène internationale lors du salon AGRITECHNICA en Allemagne, où elle a remporté la première place mondiale du Women in Ag Award, catégorie Farming.

«Recevoir ce prix à AGRITECHNICA est une reconnaissance du potentiel de nos solutions locales. Cela prouve que l’innovation africaine peut inspirer le monde entier. C’est aussi un signal fort pour les jeunes femmes qui hésitent à se lancer », a souligné Mme Mujijima.

À ce jour, la fondatrice d’«AstiFerme» a déjà formé plus de 300 jeunes à l’agriculture circulaire et à la valorisation des déchets. À travers la consultance, la formation et la production durable, elle défend une vision inclusive du développement. ACP/

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