Santé sexuelle des adolescents : le mariage d’enfants cité parmi les indicateurs à Zanzibar

Kinshasa, 24 février 2026 (ACP).- Le mariage d’enfants  a été cité parmi les indicateurs alarmants de la santé sexuelle et reproductive des adolescents au Zanzibar en République de Tanzanie, dans un atelier mardi sur l’accès à la santé sexuelle des adolescents, a-t-on appris à Kinshasa, en République démocratique du Congo, des organisateurs.

«Les indicateurs de santé sexuelle et reproductive dans la région élargie étaient particulièrement alarmants  : taux élevés de grossesses précoces, avortements, mariages d’enfants, infections sexuellement transmissibles et multiples défis liés à la santé mentale des jeunes», a déclaré Denis Bwana, Managing partner de Law Bank.

«Les résultats comparatifs ont montré que les indicateurs de santé dans notre région étaient nettement plus défavorables que dans d’autres parties du monde. L’objectif du projet SHARP était donc d’atténuer, voire d’éliminer, ces indicateurs menaçants», a-t-il ajouté.

Selon lui, pour y parvenir, des réformes politiques s’imposent. «Une étude de référence approfondie a été menée afin d’analyser les vulnérabilités, les déficits d’accessibilité et la qualité des produits et services de santé sexuelle et reproductive dans les structures publiques, privées et confessionnelles», a expliqué M. Bwana qui a fait savoir qu’une étude régionale a également examiné les cadres juridiques existants dans les États partenaires, notamment sur des questions sensibles telles que l’âge du consentement, l’âge légal du mariage et l’accès transfrontalier aux services de santé.

«Si un adolescent traverse la frontière entre la Tanzanie et le Kenya, les conditions d’accès aux services restent-elles les mêmes ? L’objectif est de garantir des services cohérents dans toute la région », a-t-il dit, avant de souligner que le projet a ainsi œuvré pour une harmonisation des politiques au niveau de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC).

Par ailleurs M. Bwana a relevé les disparités persistantes, notamment entre zones urbaines et rurales, ainsi qu’entre structures publiques et privées. Les convictions religieuses et les croyances traditionnelles constituent également des obstacles majeurs à l’amélioration des services de santé sexuelle et reproductive, a-t-il précisé.

«Il est difficile d’améliorer ces indicateurs si les pratiques culturelles et religieuses ne sont pas abordées à travers un engagement stratégique impliquant communautés, détenteurs de droits, adolescents et autres parties prenantes», a-t-il insisté.

Satisfaction de Ennaso

Pour sa part, Lizzie Otaye, responsable de la communication chez «Ennaso» a salué le travail accompli par les partenaires médiatiques dans le cadre du projet «SHARP». « Nous sommes satisfaits de ce que nous avons vu jusqu’à présent. Nous utilisons même vos exemples lors de nos réunions. Il y a de nombreux liens et analyses dans ce qui a été produit, et nous apprécions le travail accompli dans son ensemble », a-t-elle confié.

En outre, elle a souligné l’importance de collecter et de centraliser les supports multimédias produits par les pays participants, afin de renforcer la documentation et la visibilité des actions menées.

Placée sous le thème du renforcement du plaidoyer médiatique et de l’harmonisation des politiques publiques, cette rencontre régionale a  réuni des journalistes venus de la République démocratique du Congo, du Burundi, du Rwanda, de la Tanzanie, du Kenya et de la Zambie  dans le cadre du projet SHARP, mis en œuvre par EANASSO avec l’appui de l’Union européenne. Cette rencontre a eu lieu du 23 au 24 février au  Zanzibar pour sensibiliser  aux enjeux liés à la santé sexuelle des adolescents dans la région des Grands Lacs et d’Afrique de l’Est. ACP/

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