Kinshasa, 11 octobre 2026 (ACP).- Le respect des droits des filles et la promotion d’un environnement favorable à leur épanouissement, ont été présentés dimanche, comme un rempart contre le mariage précoce, lors de la dernière journée du forum international des élites féminines (Fief-RDC) à Kinshasa en République démocratique du Congo (RDC).
«Le respect des droits des filles ainsi que la promotion d’un environnement favorable à leur épanouissement, sont comme un rempart contre le mariage précoce » a déclaré Cécile Lepira, experte en genre.
« Aujourd’hui, je voudrais vous dire que c’est votre fille, mais vous n’avez pas le droit de la donner en mariage avant l’âge de 18 ans. Si vous la donnez en mariage, vous êtes poursuivables par la loi », a-t-elle ajouté.
Lors de cet échange consacré à la thématique « mettre fin au mariage des enfants et investir dans les droits des filles », l’intervenante a rappelé que la législation congolaise interdit
le mariage avant l’âge de 18 ans, aussi bien pour les filles que pour les garçons.
« La Constitution congolaise reconnaît l’égalité des droits fondamentaux, tandis que le Code de la famille et les textes relatifs à la protection de l’enfant prévoient des dispositions visant à empêcher les mariages précoces et à sanctionner les personnes impliquées dans ces pratiques », a-t-elle révélé.
Mme Lepira a évoqué les conséquences de mariage des enfants sur la santé et l’autonomisation, révélant que les conséquences de cette pratique ont des répercussions sanitaires, éducatives et économiques sur les jeunes filles, encore en pleine croissance et dont les perspectives d’autonomie peuvent être compromises par un mariage précoce.
« Quand nous donnons précocement nos filles en mariage, c’est une perte. C’est une perte d’abord pour elle-même, c’est une perte pour la famille et c’est une perte pour toute la communauté », a-t-elle affirmé.
L’experte en genre a également relevé que le mariage précoce peut exposer les filles à une plus grande vulnérabilité économique, notamment lorsqu’il compromet leur scolarité et leur capacité à acquérir une autonomie personnelle et financière.
« À 13 ans, à 14 ans, à 15 ans, nos filles que nous avons à la maison ont-elles déjà acquis cette autonomie ? Sont-elles autonomes ? N’est-ce pas que vous la prédestinez à la vulnérabilité ? », a-t-elle interrogé les jeunes filles du forum international des élites féminine.
Elle a enfin appelé les familles à respecter les droits des enfants et à privilégier leur éducation, soulignant que la lutte contre les mariages précoces constitue un enjeu pour le développement des filles, des communautés et de la nation tout entière.
Le Fief-RDC est un événement panafricain qui a réuni en cette 12ème édition plus de 300 participants venus de 17 pays africains et 26 provinces.
ACP/ Aos/ Kik/ Ize / Tshim/MN

