Francophonie : le numérique présenté comme outil d’émancipation des femmes entrepreneures en RDC

Kinshasa, 25 mai 2026 (ACP).- Le numérique a été présenté comme un outil d’émancipation des entrepreneures dans l’espace francophone, particulièrement celles de la République démocratique du Congo (RDC), lors d’une tribune des femmes tenue lundi, à Kinshasa, capitale du pays.

« Chaque année, la francophonie célèbre une langue. Mais derrière cette langue, il y a surtout des voix. Parmi elles, des femmes qui cherchent encore leur place dans l’économie du monde moderne. Le numérique devient une révolution silencieuse pour la femme entrepreneure francophone », a déclaré Kikina Mungul Diaka, initiatrice de « Coup de gueule de la femme ».

« Pendant longtemps, l’autonomisation économique des femmes passait principalement par les circuits classiques : commerce, administration, artisanat, petites activités locales. Aujourd’hui, un nouvel espace a émergé, c’est le numérique », a-t-elle ajouté. 

Elle a fait savoir que la francophonie n’est plus seulement culturelle, mais elle devient économique, digitale et connectée. « Une femme francophone à Kinshasa peut aujourd’hui vendre ses produits en ligne, créer du contenu, lancer une marque, travailler à distance, apprendre un métier numérique et développer une activité depuis son téléphone », a précisé Mme Mungul Diaka. Elle a précisé que le numérique et la francophonie ne sont plus de simple outil de communication, mais plutôt d’émancipation économique et financière des femmes. 

« La langue française et les outils numériques sont devenus bien plus qu’un outil de communication, mais des outils d’émancipation financière pour les femmes entrepreneures. Le téléphone portable est devenu une boutique, un bureau, une école, un média, parfois même, une porte de sortie », a-t-elle dit.

« Grâce aux plateformes numériques, aux réseaux sociaux et aux métiers du digital, des femmes francophones autrefois invisibles économiquement créent aujourd’hui leurs propres opportunités. Sans attendre qu’on leur donne une place, elles la construisent », a-t-elle renchéri.

Selon l’initiatrice de « Coup de gueule de la femme », la francophonie ne doit pas être seulement un espace où les femmes parlent français, elle doit également devenir un espace où les femmes innovent, entreprennent, apprennent le métier du futur, maîtrisent les outils numériques et occupent pleinement leur place dans l’économie digitale. Cette activité a été organisée sous le thème « Femmes, Francophonie et numérique : la révolution silencieuse ».

En RDC, l’espace francophone promeut le numérique comme un levier majeur pour l’autonomisation financière et le leadership des femmes entrepreneures. Des initiatives locales et régionales, à l’image des programmes de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), transforment le quotidien des commerçantes et cheffes d’entreprise à Kinshasa et dans d’autres. Malgré une fracture numérique qui limite encore l’accès dans certaines zones, la maîtrise des technologies s’avère aujourd’hui indispensable pour accélérer la croissance des micros, petites et moyennes entreprises (MPME) féminines et garantir leur indépendance économique.

ACP/

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