Kinshasa, 1er juillet 2026 (ACP).- La prophétesse Kimpa Vita a été présentée comme la figure de proue des pionnières de l’histoire africaine et l’initiatrice de l’éveil de la conscience nationale en République démocratique du Congo (RDC), à l’occasion du 66ème anniversaire de l’Indépendance du pays, a appris l’ACP mercredi d’une tribune éditoriale.
« Kimpa Vita n’était ni ministre. Ni conductrice. Ni Première ministre. Elle était davantage encore. Elle fut l’une des premières femmes de notre histoire à porter une vision nationale, à parler au nom de son peuple et à sacrifier sa vie pour ses convictions », a déclaré Kikina Mungul Diaka, initiatrice du magazine « Le coup de gueule de la femme ».
« Cette figure spirituelle éveille les consciences bien avant l’indépendance du 30 juin 1960, avant de rappeler que ce sacrifice a tracé le chemin pour plusieurs autres générations de femmes d’exception en RDC », a-t-elle ajouté.
Mme Kikina a précisé que parmi les pionnières figure Victorine Ndjoli Elonga, présentée comme la première femme congolaise à avoir pris le volant, bravant les préjugés d’une époque qui réservait la conduite automobile aux hommes.
Elle a également rendu un vibrant hommage à Sophie Kanza, première femme diplômée universitaire et première femme ministre du pays, dont les actions ont ouvert l’accès à l’enseignement supérieur et aux instances de gouvernance pour les Congolaises.
La série se clôture sur l’actualité politique avec la célébration de Judith Suminwa Tuluka, première femme nommée au poste de Premier ministre en RDC, qualifiée de symbole d’un plafond de verre enfin brisé.
« L’histoire de la République démocratique du Congo ne s’est pas écrite uniquement par des hommes. Des femmes l’ont façonnée. Des femmes l’ont défendue. Des femmes l’ont transformée », a-t-elle conclu, tout en exhortant le système éducatif à intégrer ces héroïnes locales dans les manuels scolaires afin d’inspirer les futures générations de leaders.
Née vers 1684 au sein d’un Royaume du Kongo profondément divisé par des guerres de succession et les déportations, Kimpa Vita s’est dressée face aux rois et aux chefs de l’époque. Sans armée, sans couronne et sans richesse, elle a porté un message de paix, de justice et de solidarité pour restaurer l’unité de sa nation.
Arrêtée par les autorités politiques et religieuses qui redoutaient son influence, elle fut accusée d’hérésie et brûlée vive le 2 juillet 1706, à l’âge d’une vingtaine d’années. ACP/J.W./Nk./MN

