Insertion sociale : l’encadrement des personnes atteintes d’albinisme sollicité pour leur autonomisation

Kinshasa, 22 octobre 2025 (ACP).- L’encadrement des personnes atteintes d’albinisme, à travers des projets d’autonomisation, a été sollicité, mercredi, pour leur insertion sociale, lors d’une ronde effectuée par l’ACP, à Kinshasa en République démocratique du Congo (RDC).

« Le fait de manquer la mélanine constitue un handicap pour les albinos. Mais, cela ne peut, en aucun cas, les exclure de la société.  Les albinos ont besoin d’être encadrés et soutenus par des projets d’autonomisation pour leur bonne évolution », a déclaré Jacky Mavuela, président de l’Association des albinos sans complexe.

Selon M. Mavuela, les albinos sont des personnes généralement négligées et rejetées par la société, pourtant ils sont des personnes à part entière, mais qui vivent avec un handicap.

« Notre handicap, c’est le fait de manquer la mélanine qui fait que nous ayons la peau et les cheveux avec cette coloration et des troubles oculaires », a-t-il dit, avant de préciser que les albinos sont des personnes qu’il faut bien encadrer, aider, et aimer aussi pour qu’ils puissent bien évoluer et s’autonomiser dans la société.

« Un albinos est comme tout autre personne. Il a la capacité de faire tout ce que les autres font. Si je reçois quelque chose, le peu que j’ai, je le partage avec les autres. Mon souci est que les albinos ôtent en eux le complexe et l’esprit de la mendicité. C’est le but même de la création de cet orchestre et de cette association qui est d’aider les albinos. Je n’aime pas les voir mendier. Un albinos a la capacité de faire des choses que tout le monde peut faire», a dit M. Mavuela.

De son côté, Maria Lusamba, musicienne au sein du groupe « Albinos sans complexe » a invité les jeunes filles albinos à  se connaître soi-même pour se valoriser.

«La façon dont j’ai grandi, j’étais tellement complexée, je me voyais moins intelligente que les autres élèves de ma classe. Ce qui m’avait motivée à faire la musique à l’Institut national des arts (Ina). C’est parce que je pensais que j’étais la moins intéressante. Le message que j’aimerai transmettre aux jeunes filles qui sont encore complexées est de ne pas l’être et de se valoriser. Et, pour se valoriser, il faut se connaître soi-même», a-t-elle déclaré.

Déborah Ngandu, femme atteinte d’albinisme a, pour sa part, appelé ses paires à l’apprentissage d’un métier pour s’autoprendre en charge.

« J’étais complexée, je n’arrivais même pas à approcher les gens. J’ai fait un effort d’être intelligente en classe pour que je sois remarquable et attirer les gens vers moi. A part ça, j’ai fait un effort pour apprendre un métier. J’ai appris à faire des tresses. C’est le conseil que je donne aux personnes albinos comme moi, c’est d’apprendre un métier pour leur survie », a-t-elle indiqué, tout en faisant savoir que la clé pour les albinos, c’est d’éviter l’exposition au soleil pour se préserver des maladies dermatologiques.

ACP/UKB

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