Kinshasa, 25 avril 2024 (ACP).- Une alerte a été lancée par la ministre du Genre, famille et enfant (GFAE), à Kananga, au Kasaï Central (RDC), sur la pénurie de magistrats qui entrave la répression des violences basées sur le genre (VBG), lors de l’évaluation d’un projet, a appris l’ACP samedi de source officielle.
« J’insiste à l’issue de cette rencontre, sur la nécessité d’assurer la continuité des services au-delà des financements internationaux. Je réaffirme mon engagement à porter le plaidoyer auprès du gouvernement central pour renforcer les ressources humaines et matérielles du secteur judiciaire à Kananga pour lutter contre ces fléaux », a déclaré Micheline Ombae, ministre du GFAE.
Pour la ministre, la réponse institutionnelle doit changer de paradigme.
« Lutte contre les violences basées sur le genre doit devenir une politique publique durable, et non une action dépendante des projets », a-t-elle ajouté.
Bien que 70 condamnations pour violences sexuelles aient été enregistrées un progrès salué dans la lutte contre l’impunité Micheline Ombae a pointé du doigt les failles du système, notamment la prise en charge défaillante des victimes lors des procédures en appel.
« Le manque criant de magistrats, ralentit le traitement des dossiers et risques de compromettre les avancées enregistrées. D’où, la nécessité de renforcer la coordination entre les différents maillons de la chaîne pénale afin d’améliorer la fluidité des procédures et l’efficacité judiciaire », a-t-elle martelé.
Lors de l’évaluation d’un projet multisectoriel soutenu par la coopération sud-coréenne (Koica) et les agences onusiennes, notamment le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), la ministre a souligné la nécessité de pérenniser les acquis au-delà de l’aide extérieure.
De leur côté, les acteurs judiciaires et sécuritaires locaux ont plaidé pour un renforcement continu des capacités afin de consolider les mécanismes de protection des femmes et des filles dans cette zone post-conflit du Grand Kasaï.
ACP/C.L.

