Kinshasa, 26 mars 2026 (ACP).- Un appel à des engagements pour influencer les mécanismes de paix a été lancé jeudi, à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), lors de la clôture de la conférence régionale Afrique sur le renforcement de la localisation des programmes « Femmes, paix et sécurité » (FPS), organisée du 25 au 26 mars à Kinshasa. « Nous sommes réunis à Kinshasa pour faire émerger une parole commune, un plaidoyer fort et des engagements capables d’influencer durablement les politiques et les mécanismes régionaux de paix », a déclaré Evelyne Mbata Mbuyi, coordonnatrice des programmes Afrique du Réseau mondial des femmes artisanes de paix (GNWP).
« La paix ne se proclame pas seulement, elle se construit, elle se protège et elle se partage. Kinshasa doit devenir un point d’impulsion de la politique régionale avec l’espoir que cette conférence produise une véritable dynamique d’action », a-t-elle ajouté. Interpellant les participants, Mme Evelyne Mbata a insisté sur le rôle central des femmes et des jeunes dans la consolidation de la paix. « Les femmes et les jeunes ne sont pas à la périphérie de la paix ; ils constituent le centre stratégique. Là où les femmes sont exclues des espaces de décision, là où les jeunes sont réduits à l’attente ou à la marginalisation, la paix demeure fragile », a-t-elle affirmé, avant de préciser que les femmes participent pleinement et que les jeunes sont reconnus comme des acteurs de solutions, la paix gagne en profondeur, en légitimité et en durabilité.
La coordonnatrice des programmes Afrique du GNWP a également rappelé l’implication précoce de la RDC dans la mise en œuvre de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies. « La RDC figure parmi les premiers pays à avoir bénéficié de l’appui du GNWP pour la mise en œuvre et la localisation de la Résolution 1325, aux côtés du Tchad, du Nigéria et du Soudan du Sud », a-t-elle indiqué, soulignant que la localisation de grands engagements internationaux consiste à faire en sorte que les résolutions adoptées au niveau mondial deviennent des réalités concrètes dans les communautés, les institutions et les territoires. Mme Mbata a, par ailleurs, remercié le gouvernement du Canada pour son appui à travers le projet intitulé : « Les femmes locales construisent une paix inclusive : localiser les agendas FPS et JPS en Afrique».
Mise en place d’une feuille de route
Pour sa part, Mme Betty Elisabeth Ogwaro, membre du Conseil d’administration du GNWP, a plaidé pour l’élaboration d’une feuille de route au terme de la conférence de Kinshasa afin de renforcer la coordination des actions sur le terrain. « Il est nécessaire d’avoir des dialogues permanents pour passer à l’action en renforçant la coordination et le partage d’expériences, en tenant compte des réalités de chaque pays et en identifiant les problèmes à la base pour aller de l’avant », a-t-elle suggéré. Insistant sur l’importance de la localisation au niveau communautaire, elle a martelé qu’il faut que les gouvernements puissent soutenir les agendas FPS et JPS, car la localisation permet de résoudre les conflits à la base.
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