RDC : l’adoption des lois spécifiques sur les VBG en ligne recommandée à Kinshasa

Kinshasa, 26 mars 2026 (ACP).- L’adoption de lois spécifiques sur les Violences basées sur le genre (VBG) en ligne a été recommandée aux autorités de régulation du secteur du numérique en République démocratique du Congo (RDC), lors d’un masterclass organisé jeudi, à Kinshasa par une organisation des professionnels des médias.

« Malgré l’existence d’un cadre juridique sur le numérique en République démocratique du Congo, plusieurs obstacles persistent dans sa mise en œuvre pratique. De ce fait, je recommande le renforcement juridique par l’adoption de lois spécifiques sur les Violences basées sur le genre en ligne, avec des sanctions dissuasives et des mécanismes de protection des victimes », a déclaré Allegray Bossay, chargé du numérique du Syndicat national des professionnels de la presse (SNPP).

« Il faut renforcer l’éducation numérique avec des programmes de formation aux médias et à la citoyenneté numérique intégrés dans les systèmes éducatifs pour prévenir la désinformation et collaborer avec les plateformes numériques, afin de faciliter l’identification des auteurs et la suppression rapide des contenus illicites », a-t-il ajouté.

Selon M. Bossay, la régulation efficace du secteur numérique passe également par la conscientisation et la formation des acteurs judiciaires et sécuritaires. Il a notamment évoqué la nécessité de former juges, procureurs et policiers aux spécificités des violences numériques sexistes, tout en améliorant l’accessibilité financière et géographique des victimes aux procédures judiciaires.

« L’État doit créer des cellules spécialisées interinstitutionnelles pour traiter efficacement les plaintes liées aux violences numériques », a-t-il soutenu, appelant par ailleurs à une sensibilisation accrue des femmes congolaises sur leurs droits numériques. « Il faut sensibiliser les femmes congolaises sur leurs droits numériques et les mécanismes de protection disponibles, former les professionnels du droit et les autorités à reconnaître et traiter les cas de désinformation genrée et mobiliser les instruments juridiques pour garantir la sécurité des femmes dans l’espace public numérique », a renchéri M. Bossay.

Pour cet expert, la lutte contre la désinformation genrée exige une réponse coordonnée combinant excellence juridique, courage institutionnel et solidarité collective, afin de garantir aux femmes le droit de s’exprimer en toute sécurité dans l’espace numérique. Ce masterclass sur la désinformation genrée à l’ère du numérique, intitulé  »Enjeux, droits et actions », a été organisé par le Syndicat national des professionnels de la presse en partenariat avec le Mouvement syndical des jeunes journalistes.

ACP/

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