Kinshasa, 31 mars 2026 (ACP).- La promotion des approches communautaires a été recommandée pour prévenir la sexualité précoce des jeunes, lors de l’installation des laboratoires d’apprentissage dans le cadre d’un projet d’accès durable aux soins d’avortement sécurisé en République démocratique du Congo (RDC) mardi, à Kinshasa.
«Nous allons voir les facteurs qui incitent les jeunes à découvrir la sexualité précoce, mais aussi ce qu’on appelle pratiquer la sexualité non responsable. L’approche ici est celle d’un apprentissage communautaire partagée», a déclaré Francky Miantuala, conseiller technique de l’Association congolaise pour la libération et le développement de la maman handicapée (Acoldemha).
Selon lui, ces laboratoires reposent sur six principes fondamentaux, notamment l’apprentissage communautaire, la participation active, l’expérimentation rapide, la documentation, le leadership local et l’adaptation continue.
Il a expliqué que l’expérimentation rapide consiste à mettre en œuvre des actions concrètes, des actions pilotes dans le cadre des droits et de la santé sexuelle et reproductive, en précisant que ces initiatives doivent être documentées afin d’en mesurer l’impact.
«Quand on met en œuvre des actions pilotes, on analyse la situation, on propose une solution et on teste cette solution. Ensuite, on documente les changements positifs observés», a-t-il ajouté, soulignant que ce processus repose sur une démarche structurée : analyse, solution, test et documentation.
Le conseiller technique a également insisté sur l’importance de désigner des facilitateurs au sein des communautés, capables de conduire des analyses sur les problématiques liées à la santé sexuelle et reproductive, tout en proposant des réponses adaptées aux réalités locales.
«Les changements se produisent lorsque les communautés elles-mêmes s’approprient les solutions et participent activement à leur mise en œuvre», a-t-il indiqué.
Ces laboratoires communautaires s’inscrivent dans une dynamique d’innovation sociale visant à renforcer les connaissances des jeunes et à promouvoir des pratiques responsables, notamment en matière de droits sexuels et reproductifs. Engagement communautaire prônée pour la clarification des valeurs et la transformation des attitudes.
L’initiative est portée par ACOLDEMHA, une organisation engagée dans la promotion des droits des femmes, des jeunes et des personnes vulnérables en RDC.
Sous la conduite de sa présidente, Annie Cimone Ngoie, l’association œuvre pour l’amélioration de l’accès aux services de santé, en particulier pour les femmes en situation de handicap, souvent confrontées à des barrières multiples dans l’accès aux soins.
«À travers ces laboratoires communautaires, nous voulons donner aux communautés elles-mêmes les moyens de comprendre leurs réalités, d’identifier leurs défis en matière de santé sexuelle et reproductive et de construire des solutions durables, inclusives et adaptées», a déclaré Cimone Ngoie, présidente de l’Acoldemha.
Motivée par la nécessité de réduire les inégalités et de lutter contre les violences basées sur le genre, Acoldemha développe des actions de sensibilisation, de formation et d’accompagnement communautaire, avec un accent particulier sur la santé sexuelle et reproductive. À travers ce projet, l’organisation entend contribuer à garantir un accès durable aux soins d’avortement sécurisé, conformément aux engagements pris par la RDC en matière de droits humains et de santé publique.
ACP/ODM

