Kisangani, 31 mars 2026 (ACP).- Le décaissement des fonds destinés à l’acquisition des commodités de planification familiale a été sollicité auprès des autorités politico-administrative de la Tshopo, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), dans un plaidoyer mené mardi par une organisation de la société civile.
«Depuis six ans, une ligne budgétaire prévisionnelle pour l’achat des commodités de planification familiale est inscrite chaque année dans le budget provincial, mais elle n’est pas toujours décaissée. Cette fois-ci, nous avons renforcé notre stratégie. C’est dans ce cadre que nous tenons ces séances avec les ministres sectoriels ainsi que les personnels administratifs qui accompagnent l’autorité provinciale dans la gestion des fonds», a déclaré Albertine Likoke, coordonnatrice du Groupe de Réflexion et d’Action pour la Promotion des Droits de la Femme et Fille (Grapff).
Au cours de cette séance, Dr Thérèse Marie Mokaria, coordonnatrice provinciale du Programme national de la santé reproductive (PNSR), a présenté un tableau préoccupant de la santé maternelle dans la Tshopo, qui se classe au deuxième rang national en matière de mortalité maternelle avec un ratio de 169 décès pour 100.000 naissances vivantes en 2025, dont environ 13 % liés aux avortements clandestins.
«Il y a un manque criant de commodités essentielles pour la santé de la mère et de l’enfant, notamment les médicaments vitaux indispensables dans les salles d’accouchement, les 13 médicaments traceurs figurant sur la liste des médicaments essentiels, ainsi que les produits contraceptifs utilisés dans la planification familiale», a alerté Dr Mokaria.
Elle a également précisé que plusieurs équipements de base nécessaires dans les maternités, notamment pour la prise en charge des complications comme les cas de choc en salle d’accouchement, font également défaut, rendant la situation urgente pour réduire la mortalité maternelle et périnatale.
Pour sa part, Dr Simon Bokongo kawaya, ministre provincial de la Santé, a assuré que le montant inscrit dans le budget provincial, soit 161.979.500 FC, destiné à l’appui de la planification familiale à travers l’achat des produits contraceptifs, sera effectivement alloué à cette fin.
Au côté de ses collègues ministres du budget et des finances, il a également insisté sur la nécessité d’une forte sensibilisation et éducation en matière de santé sexuelle et reproductive.
ACP/ODM

