Kinshasa, 21 mai 2026 (ACP). – Le rôle moteur des femmes dans l’industrie du miel a fait l’objet des échanges jeudi à Kinshasa, en République démocratique du Congo, dans un forum national sur l’apiculture axé sur le thème : « Apiculture : opportunité de diversification commerciale, levier de développement socio-économique et écologique en RDC ».
« Le dynamisme des femmes lors de ce forum national prouve que l’apiculture est un levier puissant d’émancipation. Quand une femme réussit dans cette filière, c’est toute une communauté villageoise qui se modernise et se développe », a déclaré Betty Mulanga, présidente de l’Association des femmes entrepreneures du Congo (AFEeco).
« En investissant dans l’apiculture, les femmes congolaises ne font pas que produire du miel, elles créent des emplois, diversifient les revenus des ménages ruraux et s’imposent comme des actrices majeures de notre économie nationale », a-t-elle ajouté.
Pour la présidente de ces structures, cette activité représente bien plus qu’une simple opportunité commerciale.
« L’apiculture est devenue un puissant levier d’émancipation en RDC. L’industrie du miel permet aux femmes de générer des revenus, de s’imposer comme des actrices majeures de l’économie locale, et de protéger l’environnement », a-t-elle ajouté.
Selon Mme Mulanga, ces productrices « dynamisent le commerce local par la production et la vente de miel et de produits dérivés, tels que la cire et la propolis », insufflant ainsi une nouvelle dynamique économique dans les communautés.
« Au-delà des gains financiers, cet engagement revêt une dimension citoyenne majeure sur le terrain », a-t-elle précisé.
« Sur le plan écologique, ces femmes se positionnent en protectrices de l’environnement, l’élevage des abeilles garantissant la pollinisation et la sauvegarde de la biodiversité des écosystèmes congolais », a-t-elle affirmé, soulignant que cette double approche permet de concilier autonomie financière et préservation des ressources naturelles du pays.
Les défis majeurs freinant l’épanouissement économique des apicultrices
Par ailleurs, Mme Mulanga, présidente de l’Afeeco, a énuméré les défis majeurs qui freinent le plein épanouissement économique des apicultrices, notamment l’insécurité, le manque d’accès aux financements, le déficit de matériel moderne et les barrières logistiques en zones rurales.
Face à ces obstacles, elle a indiqué que l’implication féminine est le moteur d’une économie solidaire, axée sur la promotion des produits « Made in Congo ».
« Consommer local signifie acheter et utiliser les produits fabriqués, cultivés ou transformés en RDC. C’est un acte économique, patriotique et solidaire qui contribue directement au développement du pays. Le miel congolais doit d’abord être consommé par les Congolais », a recommandé la présidente de ces structures.
Elle, en outre, plaidé auprès du gouvernement congolais pour l’examen et la promulgation de la loi sur l’apiculture, déposée à l’Assemblée nationale, afin d’offrir un cadre juridique protégeant et propice aux investissements des femmes.
Ce forum national, qui s’est tenu à Kinshasa à l’occasion de la Journée mondiale de l’abeille, a été organisé par l’Afeeco avec l’appui d’institutions comme l’Agence nationale pour la promotion des exportations (ANAPEX), en vue de restructurer et de valoriser le miel congolais sur la scène internationale.
ACP/C.L.

