Kinshasa : les parents sensibilisés aux conséquencespsychologiques et économiques des mariages précoces 

Kinshasa, 13 octobre 2026 (ACP).– Les conséquences sanitaires, psychologiques et économiques des mariages précoces des jeunes filles ont fait l’objet des échanges entre parents et membres de l’association « Jésus la Porte », lors d’une sensibilisation mardi, à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), en marge de la « Journée internationale de la fille.

« Nous avons sensibilisé les parents par rapport aux conséquences sanitaires, psychologiques et économiques des mariages précoces des jeunes filles. Les filles concernées sont souvent contraintes d’abandonner leurs études, ce qui compromet leur autonomie financière et les expose davantage à la pauvreté», a déclaré Séraphine Sakuba, encadreuse des jeunes au sein de cette structure.

« Les mariages précoces ont de graves répercussions sur la vie et l’avenir des jeunes filles, notamment la déscolarisation et la perte d’opportunités. Sur le plan sanitaire, les grossesses précoces exposent les adolescentes à des complications médicales, notamment aux fistules obstétricales, ainsi qu’à un risque accru de mortalité maternelle. Les nouveau-nés peuvent également subir les conséquences de ces grossesses », a-t-elle ajouté.

Elle a précisé que les filles mariées avant l’âge de 18 ans sontdavantage exposées aux violences domestiques, aux abus sexuels et à l’isolement social. Privées d’instruction et de liberté de décision, elles risquent de développer une forte dépendance à l’égard de leur conjoint ou de leur belle-famille. 

Des facteurs économiques et socioculturels

Abordant les causes de ce phénomène, Mme Sakuba a fait savoir que certains parents marient leurs enfants précocement pour alléger les charges financières du ménage ou en contrepartie d’une dot.

Dans certains cas, les parents prennent eux-mêmes l’initiative d’organiser ou d’approuver ces unions, parfois par méconnaissance de la loi ou sous l’effet de situations de crise, notamment la pauvreté extrême, les conflits et l’insécurité.

Elle a également relevé que certaines coutumes, la pression familiale et le poids des traditions contribuent à perpétuer les mariages précoces, parfois considérés comme un moyen de préserver l’honneur de la famille ou de consolider des alliances sociales.

À ces facteurs s’ajoutent la peur de la stigmatisation en cas de grossesse hors mariage et les attentes de l’entourage, notamment des oncles, des tantes, des notables et des voisins, qui peuvent encourager ces unions.

Pour la coordonnatrice de l’ONG « Jésus la Porte », la lutte contre les mariages précoces nécessite une prise de conscience collective impliquant les parents, les communautés et l’ensemble des acteurs sociaux, afin de préserver les droits et l’avenir des jeunes filles.

ACP/Mwat/Mak/MN

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