Kinshasa, 15 mars 2026 (ACP).- Les dangers liés à la pratique du tatouage durant la période de gestation ont été expliqués aux femmes membres d’une structure, lors d’une séance de sensibilisation organisée dimanche à Ngaba, dans le centre de Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC).
« Se faire tatouer durant une grossesse est fortement déconseillé. Une mauvaise stérilisation du matériel peut transmettre des virus tels que le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ou les hépatites à la mère et, par voie sanguine, au fœtus », a déclaré Benjamine Sangabu, coordonnatrice de l’ONG « Ngemba ».
Pour Mme Sangabu, également pédiatre au centre de santé « Christ Sauveur », la vulnérabilité accrue de la femme enceinte justifie une prudence extrême.
« Le système immunitaire de la gestante est modifié pour accueillir l’enfant, ce qui la rend plus fragile face aux infections comme le tétanos ou le staphylocoque. Ces pathologies peuvent prendre des formes graves et impacter directement la santé du bébé », a-t-elle précisé.
Outre les risques infectieux, cette actrice sociale a soulevé l’épineuse question des composants chimiques des encres.
« Les substances contenues dans les encres ne sont pas suffisamment étudiées pour garantir leur innocuité sur le développement du fœtus, particulièrement durant les douze premières semaines », a-t-elle dit.
Elle a également souligné que la douleur ressentie lors de l’acte peut générer un stress et des contractions précoces, sans oublier que le passage éventuel de l’encre dans la circulation sanguine pourrait affecter le lait maternel.
Par ailleurs, le Dr Sangabu a recommandé aux futures femmes de patienter jusqu’après l’accouchement et la période d’allaitement avant d’envisager un tatouage, afin de ne courir aucun risque inutile.
Cette activité, organisée dans le cadre des réunions hebdomadaires de l’ONG, visait à éveiller la conscience des femmes face à une pratique qui prend de l’ampleur dans la société congolaise. ACP/C.L.

