Kinshasa: renforcement des capacités en entrepreneuriat des femmes vivant avec handicap

Kinshasa, 14 novembre 2025 (ACP).- Des femmes vivant avec handicap en République démocratique du Congo, suivent du 13 au 15 novembre une formation de renforcement des capacités sur l’entrepreneuriat et l’épargne, par une structure afin de les rendre autonomes et d’éradiquer la mendicité, a-t-on appris vendredi d’un communiqué.

«L’objectif est simple, celui de renforcer les capacités des femmes vivant avec handicap afin de les autonomiser. Vous savez que dans notre société, les femmes vivant avec handicap sont marginalisées, elles sont sous-estimées, déconsidérées, dénigrées même. Et c’est dans ce cadre-là que nous avons levé l’option de travailler avec elles, pour les autonomiser et les aider à quitter la mendicité dans les rues de Kinshasa, et pour qu’elles deviennent vraiment autonomes», a déclaré Brigitte Iyeli, coordonnatrice du «Centre nouvelle perspective».

Selon Mme Iyeli, la situation des personnes vivant avec handicap à Kinshasa est déplorable, bon nombre  d’entre elles, surtout les femmes, sont souvent marginalisées, diminuées à cause de leur état physique, cherchant sur les voies publiques les moyens de subvenir aux besoins de leurs familles.

Dans le cadre du projet d’appui à l’autonomisation de la femme vivant avec handicap, le «Centre nouvelle perspective» avec l’appui du Fonds pour la femme congolaise, organise pendant trois jours, un atelier de renforcement des capacités sur l’entrepreneuriat et l’épargne en faveur des femmes vivant avec handicap.

Formation sur l’entrepreneuriat une occasion à saisir

Pour Mme  Séraphine Yalikako, l’une des bénéficiaires, citée par la source, cette formation est une opportunité à saisir.

«Nous sommes venues ici apprendre l’entrepreneuriat. Dans ce cadre, l’enseignant nous a appris comment maximiser notre connaissance sur la vente et comment épargner. Je profite de ces opportunités offertes pour capitaliser mes connaissances», a dit Mme Yalikako.

«Pour l’instant, je vends mes pains,  la pâte d’arachides en gros et en détails», a-t-elle renchéri.

Pour Mme Aïcha Ngilase, une vendeuse de différents articles, le handicap se situe juste au niveau des membres inférieurs et non le cerveau, ces personnes ont également la capacité de travailler comme tous les autres.

«Si je suis conviée à cet atelier, c’est parce que madame Brigitte était venue nous visiter au siège, et elle nous a briefé en disant qu’elle doit nous associer à ce genre de rencontres pour nous apprendre comment épargner et bien gérer notre capital. Nous sommes des personnes vivant avec handicap, bien que nous ayons ce petit problème, mais nos têtes fonctionnent. Voilà l’objet de notre plaidoyer auprès de tous les partenaires pour nous accompagner. Beaucoup de gens se lancent dans l’entrepreneuriat, mais ne savent pas distinguer le type d’entrepreneuriat qu’ils ont choisi avec d’autres», a-t-elle soutenu.

Par ailleurs, Eugène Mingashanga, formateur, a indiqué que la plupart de personnes font ce que nous appelons l’entrepreneuriat, mais n’arrivent pas à dissocier ce que nous appelons l’entrepreneuriat de survie de l’entrepreneuriat de croissance, raison pour laquelle, nous avons donné   des principes selon l’entrepreneuriat, afin que ces femmes vivant avec handicap puissent sortir des sentiers battus, et qu’elles aillent de l’avant.

Les femmes vivant avec handicap en RDC font face à une double discrimination (par leur genre et leur handicap), ce qui se traduit par des obstacles majeurs à l’éducation, à l’emploi, à la santé et à la participation à la vie publique.

Bien que la loi congolaise reconnaisse leurs droits, leur application sur le terrain est faible en raison du manque d’accessibilité des infrastructures, de préjugés sociaux et de moyens financiers. Elles sont également plus vulnérables aux violences sexuelles et leurs enfants peuvent être privés de droits et d’opportunités. ACP/ODM 

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