Kinshasa, 18 octobre 2026 (ACP).- Les acteurs impliqués dans la lutte contre les VBG ont été sensibilisés à la prise en charge holistique des victimes par l’Ong Action pour la promotion de l’environnement social en République démocratique du Congo (APES-RDC), dans un atelier à Kinshasa, a constaté l’ACP.
« L’organisation de cet atelier de deux jours appuyé par le Pnud et la Koica, est parti du constat selon lequel il existe des ruptures de référencement entre les services juridiques, judiciaires, médicaux, psychosociaux, de protection et de réinsertion, en ce qui concerne la prise en charge des victimes. Et cela constitue une entorse à la prise en charge holistique des victimes de VBG », a laissé entendre le Prof. Déogratias M. Mastaki, Directeur général de l’APES-RDC.
« Nous insistons sur la complémentarité des acteurs intervenants dans l’accompagnement des victimes des violences sexuelles basée sur le genre. L’idée est de combattre le référencement incomplet dans l’accompagnement des victimes. Dans certains milieux l’on assiste à des limites d’accès à certains services. La stabilité des survivantes et ou victimes des VBG ne relève pas d’un seul service. Et surtout l’absence de retro-information est condamnable », a déclaré M. Mastaki.
Il a encore fait remarquer que beaucoup de victimes de VBG ne savent pas qu’il faille dénoncer. Et dans l’entre-temps, la distanciation entre services ou mieux l’inaccessibilité des victimes dans certains services, enfreint également la prise en charge globale, a-t-il souligné.
« Il est également d’une catégorie d’acteurs qui pensent que tous les cas ne doivent se limiter qu’à leur niveau et ne les réfèrent pas, faisant fi de la prise en charge holistique et oubliant même qu’il y d’autres qui interviennent afin que la victime retrouve sa stabilité, surtout que la stabilité ou l’autonomie ne vient pas d’une seule prise en charge. On ne peut arrêter le référencement à un seul niveau. Referez des cas à d’autres instances après les avoir pris en charge pour booster celle-ci au niveau de Kinshasa et renforcer la coordination entre différents acteurs », a-t-il recommandé.

Dans le même registre, le Prof Mastaki a déploré le fait que certains acteurs ne maitrisent pas trop bien les notions d’éthique en matière de lutte contre les VBG.
A l’en croire, il se pose un sérieux problème de redevabilité au sein de Centres Intégrés des Services Multisectoriels de prise en charge des survivantes des violences basées sur le genre en République Démocratique du Congo (CISM). Il sied de noter que cet atelier s’est tenu du lundi 12 à mardi 13 octobre 2026 à l’Hôtel ELAIS à Kinshasa.
C’est quoi l’APES ?
L’APES est une organisation nationale opérant en République démocratique du Congo depuis 2012, à partir du Sud-Kivu. 8O% de ses interventions concrètes sont orientées sur la protection de la femme et de l’enfant. Elle est présente dans six provinces avec des actions au Sud-Kivu, Nord-Kivu, Ituri, Tanganyika, Tshopo et Kinshasa. Ses principaux domaines d’intervention sont notamment la prise en charge holistique des victimes de violences sexuelles et assistance des victimes liées aux conflits et ainsi que celle des enfants affectés par la guerre, elle fait aussi l’accompagnement psychosocial, médical, juridique, judiciaire. Elle est aussi dans la réinsertion. Pour le moment son objet très spécialisé c’est dans la réinsertion socioéconomique des survivantes de violence sexuelle. Elle fait des interventions pour soustraire des enfants des forces et groupes armés. Pour ce qui est de la protection, elle s’intéresse beaucoup plus à toutes les questions liées au monitoring. Elle est spécialisée dans l’autonomisation économique de la femme et œuvre en même temps pour la protection de l’environnement. Somme toute l’APES se trouve être parmi les organisations qui ont pignon sur rue dans l’Est de la République démocratique du Congo.
ACP/Célestin Lutete

