Kinshasa, mars 2026 (ACP).- Le protocole de Maputo de l’Union africaine (UA), encadrant l’accès à l’avortement dans certaines conditions et la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST), a été évoqué, lors d’une formation organisée à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), par une association des femmes handicapées.
« Le protocole de Maputo a été adopté en 2003. C’est un instrument de l’UA qui impose aux États signataires d’autoriser l’avortement médicalisé lorsque la grossesse met en danger la santé physique ou mentale de la femme, sa vie, ou en cas de viol, d’inceste ou de malformations fœtales graves », a déclaré Francky Miantuala, conseiller technique de l’Association congolaise pour la libération et le développement des mamans handicapées (Acoldemha).
Selon ce technicien, ce cadre juridique africain ne considère pas l’avortement comme une simple décision relevant du désir du couple.
« Cela ne doit pas être un acte relevant seulement du désir du couple. Le protocole de Maputo en parle clairement dans son article 14 qui garantit les droits reproductifs des femmes et stipule que les États doivent protéger la santé de la femme en offrant un accès sécurisé à l’interruption de grossesse dans des conditions spécifiques », a-t-il expliqué.
« L’impact de ce protocole est important, car il s’agit du seul instrument juridique contraignant qui énonce des critères spécifiques pour l’avortement, encourageant ainsi la libéralisation des lois dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne », a-t-il ajouté, indiquant que l’application de ces dispositions reste variable selon les législations nationales.
« Malgré sa ratification, la mise en œuvre de ces dispositions varie et se heurte souvent aux codes pénaux nationaux plus restrictifs. Chez nous par exemple, ce comportement reste pénalement condamnable. Il faudrait donc que le code pénal soit adapté pour intégrer ces dispositions », a dit M. Miantuala.
Il a, en outre, évoqué les moyens de prévention des infections sexuellement transmissibles, notamment l’utilisation du préservatif et le rcours au dépistage régulier.
Il a cité parmi les IST, les infections bactériennes comme la chlamydiose, la gonorrhée et la syphilis, les infections virales telles que le VIH, l’hépatite B ou l’herpès génital, ainsi que certaines infections parasitaires comme la trichomonase, signifiant que ce sont des infections qui représentent de sérieux risques pour la santé et qui touchent particulièrement les jeunes. ACP/JF

