Lutte contre les cancers : 3000 femmes ciblées par un hôpital militaire pour dépistage

Kinshasa, 9 octobre 2026 (ACP). – Trois mille (3000) femmes ont été ciblées à Kinshasa, en République démocratique du Congo, par l’hôpital militaire de la garde républicaine du camp colonel Tshatshi , en marge du lancement jeudi de la campagne de dépistage dans le cadre du mois d’« Octobre Rose », organisée en collaboration du Comité de coordination des activités médicales et humanitaires (CCAMH), du Centre national de lutte contre le cancer (CNLC) et d’autres partenaires, a appris vendredi l’ACP, de source médicale.

« Je formule le vœu que cette campagne soit couronnée de succès et qu’elle contribue à faire reculer, dans notre communauté, les conséquences dramatiques des cancers du sein et du col de l’utérus », a déclaré, à l’ouverture, le colonel docteur François Mbuyu, médecin directeur de l’Hôpital militaire de la Garde républicaine du camp colonel Tshatshi, avant d’inviter les femmes et filles militaires à ne jamais banaliser un seul signe inhabituel.

« À vous, chères épouses de militaires et chères bénéficiaires, je voudrais adresser un message simple : prenez soin de vous. Ne banalisez pas un signe inhabituel. N’attendez pas que la maladie s’installe pour consulter. »

Placée sous le thème « Protéger la santé de celles qui protègent la Nation », cette campagne, organisée dans le cadre d’Octobre Rose, se déroule du 1er au 30 octobre 2026 à l’HMGR, au camp Tshatshi.

L’ouverture de cette campagne a également été marquée par une conférence scientifique sur les cancers du sein et du col de l’utérus. Cette activité dans l’activité a réuni d’éminents professeurs d’université et autres médecins pathologistes des Cliniques universitaires de Kinshasa et de l’Hôpital militaire du camp colonel Tshatshi qui, tour à tour, sont intervenus sur le processus de dépistage, de prise en charge et de prévention.

Dans son intervention, le docteur Ibanda Blanchard, gynécologue responsable de l’unité d’oncologie de l’Hôpital militaire du camp colonel Tshatshi, s’est étendu sur les causes des différents types de cancers et leur prise en charge. Il a soutenu que le meilleur traitement des cancers reste la prévention, avant d’encourager les femmes et les hommes à se faire régulièrement dépister.

Sur un autre volet, il a révélé que lutter contre les cancers dans le contexte du pays n’est pas facile.

« Lutter contre les cancers n’est pas facile dans notre contexte par rapport aux risques qui sont propres à nous. Lorsqu’on rapporte les risques ailleurs, on vous dit le manque de maternité, les règles précoces, fumer du tabac ou prendre de l’alcool, on se rend compte que nos patientes n’ont pas tout ça. Elles ont beaucoup d’enfants. On se demande qu’est-ce qui est à la base de ces cancers ? Est-ce génétique ou y a-t-il des facteurs environnementaux personnels que l’on ignore ? C’est là que l’unité de cancérologie de l’armée va s’impliquer dans la recherche », a dit le docteur Ibanda.

Une sensibilisation permanente dans l’armée

« Nous allons constituer des équipes qui vont sillonner tous les mois dans les différents camps militaires et différents sites où il y a des épouses et filles militaires. Ça sera un dépistage actif, afin qu’au bout de quelque temps, ces femmes et filles aient une culture de dépistage des cancers. »

Pour le docteur Gaston Bekoka, coordonnateur national du Comité de coordination des activités médicales et humanitaires (CCAMH), son institution s’associe au Centre national de lutte contre les cancers ainsi qu’à l’Hôpital de la Garde républicaine, l’Hôpital Tshatshi, pour cette campagne qui concerne les cancers du col de l’utérus et du sein.

« Voir dans quelle mesure réduire, non seulement l’incidence, mais aussi la prévalence de ces cancers chez la femme en investissant dans la prévention, parce que la prévention vaut mieux que le traitement. »

Elle cible prioritairement les femmes militaires, les femmes policières ainsi que les personnes à leur charge, avec notamment des services de sensibilisation, de dépistage précoce, d’orientation et de prise en charge médicale des cas détectés.

« C’est aussi protéger la santé de celles qui protègent la Nation », a soutenu le docteur Ferdinand Mongane, coordonnateur adjoint du CCAMH, soulignant l’importance d’un suivi préventif et thérapeutique adapté aux communautés militaires et à leurs familles.

L’HMGR précise également que ses portes restent ouvertes à la population civile, tant dans le cadre de cette campagne que pour d’autres problèmes de santé, selon les recommandations du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi.

ACP/ FN/ AG

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