Lutte contre les VBG : des élèves sensibilisés à la connaissance de leurs droits

Kinshasa, 8 mars 2026 (ACP).- Des élèves d’une école de Mont-Ngafula, dans l’ouest de Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), ont été sensibilisés à la connaissance de leurs droits pour lutter efficacement contre les violences basées sur le genre en milieu scolaire (VBGMS), lors d’une conférence-débat samedi, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

« Nous sommes ici au complexe scolaire « CICM père Mpiana » pour parler des droits des enfants. Il est important que les élèves connaissent leurs droits, leurs limites et savoir comment les faire respecter. Ceci leur permettront de lutter efficacement contre les VBGMS. Nous devons impliquer les élèves dans cette lutter pour prévenir ces actes de violences », a déclaré Rosy Mutela, activiste des droits humains.

Selon Mme Mutela, les enfants ont droit à la vie, à la santé, à l’éducation, à la protection, à la justice et à l’expression.

Marie Immaculée Balindamuadi et Dorcas Kabamba, deux eleves du Complexe scolaire CICM « père Mpiana » ont respectivement parler de l’historique de la Journée internationale des droits des femmes ainsi que la place de la femme congolaise dans la société.

De son côté, le père Bienvenu Fambio, curé de la paroisse sainte Elisabeth s’est apaisenti sur les rôles des femmes depuis la création à nos jours en passant par la civilisation negroafricaine.

« Depuis le commencement, la femme a toujours joué un rôle essentiel dans la société. Eve a prouvé que la femme a le pouvoir de prendre ses propres décisions. Les femmes comme Ruth, Esther, Élisabeth, Tabitha Dorcas sont la preuve d’une résistance et une résilience. Elles ont pris de initiatives et décisions pour promouvoir la paix », a-t-il dit, avant de citer l’exemple de Marie, mère de Jésus et Marie Magdala dans le nouveau testament.

« La sainte vierge Marie est la mère du grand oui. Elle a joué un rôle indispensable dans le sacerdoce de son fils, Jésus Christ. Elle a fait preuve d’une grande foi. Marie de Magdala a cru et a été la première à vivre la résurrection du Chrit », a dit le père Fambio, précisant que dans la civilisation africaine la femme est source de vie. Elle est l’épine dorsale de la société.

L’implication de tous sollicitée pour lutter contre les VBGMS

Abordant la thématique : « Violences basées sur le genre en milieu scolaire (VBGMS) », Tanya Yeme, facilitatrice a sollicité l’implication de tous les acteurs du secteur de l’éducation pour lutter efficacement contre les VBGMS.

« Je sollicite l’implication de tous les acteurs, car la lutte contre les VBGMS est une responsabilité partagée qui demande une action continue de la communauté éducative, des parents et des autorités », a-t-elle déclaré.

Elle a fait savoir que les VBG désignent tout acte nuisible, physique, sexuel, psychologique ou économique, dirigé contre une personne en raison de son genre (sexe), résultant d’inégalités de pouvoir, principalement exercée par les hommes contre les femmes et filles. Elle inclut viol, mariage forcé, mutilations génitales et violences.

« Les VBGMS incluent les abus physiques, sexuels et psychologiques, notamment harcèlement, brimades. Elles ciblent les élèves en raison de normes de genre, souvent perpétrés par des pairs ou du personnel scolaire », a-t-elle évoqué, avant d’énumérer quelques conséquences de ces actes sur les violences.

« Au-delà de la souffrance et des conséquences sur la santé, les VBGMS entraînent une faible estime de soi et la dépression. Elles sont considérées comme un obstacle majeur à la scolarisation des filles. Elles ont des répercussions négatives sur la performance scolaire et les résultats éducatifs à long terme. Elles entravent l’éducation, causant des abandons scolaires ou des grossesses précoces », a dit cette activiste des droits des femmes.

Elle a indiqué que la lutte contre les VBGMS nécessite une approche globale, entre autres : la formation du personnel, l’éducation des élèves à l’égalité ainsi que la sensibilisation, l’adoption d’un code de conduite strict (tolérance zéro) contre le harcèlement sexuel et les VBG.

« Nous devons impliquer les élèves comme ambassadeurs pour promouvoir un climat scolaire sain et responsabiliser les parents et les associations de parents d’élèves (Ape) dans la surveillance et la protection des enfants », a déclaré Mme Yeme, tout en suggérant à l’école de mettre en place des voies de communication sûres et confidentielles, y compris des numéros verts. ACP/JF

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