Lutte contre l’exode rural au Kasaï Oriental : les jeunes encouragées à se former

Mbuji-Mayi, 5 août 2026 (ACP).– L’apprentissage des métiers a été conseillé à la jeunesse du Kasaï Oriental, dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC), pour lutter contre l’exode rural, dans un échange mercredi avec un professeur d’université, suite aux déplacements massifs des jeunes de cette entité vers d’autres provinces.

« Ce dynamisme des jeunes Kasaïens est mal orienté parce qu’on a tendance à chercher à aller ailleurs. Le conseil que je peux donner d’abord aux jeunes gens, c’est de se former, d’être utile, d’apprendre un métier et de l’exercer là où on est. Aux responsables, parents, qu’ils évitent de miroiter le bonheur au-delà du Kasaï pour leurs enfants », a soutenu le Pr Richard Mukendi, docteur en Sciences de l’information et de la communication à l’Université officielle de Mbuji-Mayi.

« Nous devons aimer notre contrée, nous devons rester chez nous, travailler chez nous, chercher à transformer les conditions de vie de chez nous, et à ce moment-là ça va nous éviter toute cette haine, toute cette honte qu’on est en train de nous infliger en dehors de chez nous », a-t-il dit.

Pour ce scientifique, en réalité il y a un problème de préparation, il y a un problème de responsabilité dans le chef des jeunes lorsqu’ils ne voient plus d’avenir, ils ne voient rien, dans la perspective ils disent : « peut-être que je serai mieux de l’autre côté ».

Il appartient au pouvoir de l’État, il appartient aux encadreurs, aux parents de comprendre que le véritable bonheur ne se trouve pas au-delà, le bonheur se prépare sur place, on doit faire un effort pour travailler sur ce qu’on est en train de faire chez soi. On n’a jamais été mieux que chez soi, a-t-il ajouté. 

Pour le Pr Mukendi, les raisons de l’exode interprovincial sont les mêmes, il s’agit de la recherche du bonheur.  « Cet exode interprovincial, les raisons sont presque les mêmes. Lorsqu’on ne trouve pas mieux là où on vit, on pense que le bonheur est de l’autre côté. À ce moment-là on considère le bonheur comme un horizon, et quand on parle de l’horizon, ce que le bonheur ne sera jamais atteint. Là où vous pensez que le ciel est tombé sur la terre, quand vous y arrivez, vous verrez que c’est encore très loin jusqu’à ce que vous allez vous fatiguer », a-t-il ajouté.

Depuis quelques temps, la population surtout jeune du Kasaï se déplace en masse vers le Grand Katanga et Kinshasa, surtout en saison sèche à bord des camions, sous prétexte de rechercher du travail, rappelle-t-on. ACP/

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