Kinshasa 1er février 2026 (ACP).- La nomination de dix (10) femmes secrétaires générales, soit 14% contre 59 hommes, soit 86% a été présentée comme une interprétation pour corriger progressivement les écarts entre les femmes et les hommes au sein de l’administration publique en République démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris lors d’un échange, samedi avec un expert.
« 10 femmes seulement sur les 69 ont été nommés comme secrétaires générales au sein de l’administration publique, représentant ainsi 14% de participation féminine contre 86 % d’hommes, constitue un indicateur clé de lecture des dynamiques de genre dans la haute fonction publique en RDC. Le positionnement stratégique des femmes dans les différents niveaux de responsabilité constitue, à ce titre, une interpellation et un levier déterminant pour corriger progressivement les écarts observés au sommet de l’appareil administratif », a déclaré Me Pacifique Nkunzi, expert en participation politique et leadership féminin.
« Ces données traduisent moins une absence de compétences féminines qu’un effet cumulatif des trajectoires professionnelles longues et fortement hiérarchisées, où l’accès aux postes supérieurs est conditionné par un positionnement précoce et progressif dans les échelons de carrière», a-t-il ajouté
Selon Me Nkunzi, la sous-représentation des femmes au sommet apparaît comme le résultat de déséquilibres structurels en amont, notamment dans l’accès aux postes intermédiaires, aux opportunités de formation stratégique et aux mécanismes de renforcement du leadership administratif.
Il a fait savoir que l’amélioration durable de la représentation des femmes dans les hautes fonctions administratives suppose ainsi une approche systémique, fondée sur l’intégration transversale du genre dans la gestion des ressources humaines de l’État.
« Il est démontré que l’émergence du leadership féminin dans l’administration ne procède pas d’une logique de génération spontanée, mais d’un continuum d’investissements institutionnels ciblés : politiques de recrutement inclusives, mécanismes transparents de sélection, plans de promotion en grade sensibles au genre, et programmes structurés de renforcement des capacités », a indiqué cet expert.
« Dans un élan résolument optimiste, les avancées déjà enregistrées doivent être consolidées et amplifiées par l’adoption d’une politique genre spécifique à la fonction publique congolaise, alignée sur les standards régionaux et internationaux», a-t-il préconisé, précisant qu’une telle politique offrirait un cadre normatif et opérationnel propice à l’institutionnalisation du leadership féminin, à la sécurisation des parcours professionnels des femmes et à la transformation durable des pratiques administratives.
Il a indiqué qu’en investissant dans l’inclusion et la promotion équitable des femmes à tous les niveaux de la carrière publique, la RDC se dote d’un puissant levier de modernisation de l’État, de performance administrative et de gouvernance inclusive, au bénéfice de l’efficacité de l’action publique et de la justice sociale. ACP/C.L.

