Kinshasa 1er février 2026, (ACP).- La faible présence des femmes parmi les secrétaires généraux nommés dernièrement dans l’administration publique en République démocratique du Congo (RDC), a été déplorée lors d’un entretien dimanche par un expert en participation politique et leadership féminin.
« La décision du ministère de la Fonction publique nomme 69 secrétaires généraux dont 10 femmes met en lumière une faible représentativité des femmes au sommet de l’administration, révélant un décalage persistant entre les engagements normatifs et la pratique institutionnelle», a déclaré Me Pacifique Nkunzi.
«Il est nécessaire que les décisions gouvernementales de cette nature intègrent explicitement, dans leur motivation juridique, les normes constitutionnelles et internationales relatives à l’égalité de genre et à l’inclusion. Leur prise en compte effective constituerait un fondement juridique renforcé et un levier essentiel pour une administration publique véritablement inclusive, équitable et conforme aux engagements nationaux et internationaux de la RDC», a-t-il ajouté.
Selon M. Nkunzi, la persistance d’une représentation féminine limitée à 14 % dans la haute administration publique révèle un dysfonctionnement structurel du système de gestion des carrières, qui ne peut être corrigé sans une réforme intentionnelle et sensible au genre.
Pour lui, l’amélioration du processus passe impérativement par l’intégration du genre comme principe transversal dans l’ensemble de la chaîne décisionnelle des ressources humaines publiques, à savoir : recrutement, sélection, évaluation et promotion en grade.
« Des mécanismes de recrutement inclusifs, fondés sur la parité et la non-discrimination, doivent être combinés à des mesures correctives temporaires, afin de lever les barrières structurelles qui freinent l’accès des femmes aux postes de responsabilité. Parallèlement, le renforcement ciblé des capacités, à travers des programmes de leadership, de mentorat et de coaching, constitue un levier stratégique pour sécuriser le positionnement des femmes dans les échelons intermédiaires et préparer durablement leur accès aux fonctions supérieures » a recommandé Me Nkunzi, avant d’indiquer que ce processus de transformation doit être adossé à un dispositif robuste de suivi, de redevabilité et de justification juridique des décisions publiques.
L’article 14 de la Constitution de la RDC, les traités et conventions internationaux ratifiés sur l’égalité entre les femmes et les hommes, l’Objectif de développement durable n°5, les Résolutions 1325, 2250 et 2419 du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que l’article 29 de la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, devraient être expressément évoqués et opérationnalisés dans la pratique institutionnelle. En inscrivant explicitement l’article 14 de la Constitution, les engagements internationaux relatifs à l’égalité de genre, l’ODD 5 et les résolutions 1325, 2250 et 2419 dans la motivation des actes de nomination et de promotion, l’État congolais doit garantir le leadership féminin, non pas comme une option, mais comme une exigence juridique et stratégique. Investir dans ces axes, c’est moderniser la fonction publique, renforcer la légitimité de l’État et bâtir une gouvernance inclusive à la hauteur des ambitions de la RDC. ACP/C.L.

