Kinshasa, 11 fév. 2026 (ACP).- Un appel a été lancé aux animateurs de l’école nationale d’administration (Ena) à faire de la promotion de l’égalité des chances un levier stratégique pour renforcer la parité au sein de la Fonction publique en République démocratique du Congo (RDC), dans une note de plaidoyer d’une plateforme rendue publique mardi à Kinshasa. « Il est fort regrettable de constater que seulement 10 femmes ont été retenues comme secrétaires générales contre 59 hommes. Cette situation suscite une profonde incompréhension, d’autant plus que l’Ena devrait être un levier stratégique de promotion de l’égalité des chances et un espace d’émergence des filles et des femmes actrices du changement, appelées à contribuer pleinement à la gouvernance et au développement du pays », a-t-on dans le forum « Lobbying de haut niveau sur la parité en RDC ».
« Il serait souhaitable que l’Ena communique de manière transparente sur les critères de sélection, publie des statistiques détaillées et mette en place des mécanismes de recours réellement effectifs pour contribuer, non seulement, à renforcer la crédibilité de l’institution, mais aussi à encourager davantage de jeunes filles et de femmes à s’engager avec confiance dans les concours et carrières de l’administration publique », a ajouté ce forum. Selon la source, si les femmes sont absentes ou sous représentées dans des lieux de prise de décisions, leurs réalités deviennent invisibles, leurs urgences secondaires et leurs droits sont négociables. « Les espaces où se décident les politiques publiques ne sont pas neutres : ils reflètent les expériences, les priorités et les sensibilités de ceux qui y siègent. Exclure les femmes de ces cercles, c’est accepter que les décisions concernant leur sécurité, leur accès aux ressources et leur avenir soient prises sans leur voix », a écrit le « Lobbying de haut niveau sur la parité en RDC », avant de préciser que la décision inéquitable sur la parité à l’Ena en est une illustration concrète. « Pour un exemple concret, lors du processus de recrutement de la 10ème promotion de l’Éna (…), seulement onze (11) femmes ont été retenues sur 100 candidats, sans qu’aucune explication officielle ne soit fournie quant aux critères de délibération appliqués », a déploré la source. Ce forum des femmes a précisé qu’en limitant ou en déséquilibrant l’accès des femmes à cette institution stratégique de formation des élites administratives, on verrouille en amont leur présence dans l’appareil d’État. « Ce n’est pas seulement une question de chiffres ou de quotas : c’est un choix politique qui façonne durablement, qui gouverne, qui décide et qui protège. Or, les femmes congolaises les plus exposées à la sous-représentation, des victimes de violences, de précarité économique, d’injustices sociales ont besoin de décideuses capables de comprendre leurs réalités de l’intérieur et de porter leurs priorités avec légitimité et constance », a relevé la source. En 2026, le combat pour la parité ne peut donc plus se limiter à une égalité d’accès symbolique. Il doit s’attaquer aux décisions structurelles, comme celle de l’Ena. Défendre une parité juste et effective, c’est défendre une administration publique plus équilibrée, plus sensible aux vulnérabilités, et plus apte à protéger toutes les femmes congolaises. Sans femmes formées, compétentes et présentes dans l’administration publique, la parité devient un slogan vide, déconnectée de la protection réelle sur le terrain.ACP/

