Kinshasa, 10 mars 2026 (ACP).- Un espace de dialogue national entre les organisations féminines et le Conseil supérieur de la magistrature en République démocratique du Congo (RDC) a été préconisée lundi à Kinshasa pour évaluer la mise en application des lois promouvant les droits des femmes lors d’une cérémonie de la Journée de la femme.
«Nous exprimons notre solidarité aux femmes et filles victimes des affres des guerres à l’Est. Nous en appelons à la création d’un espace de dialogue national entre les organisations féminines et le Conseil Supérieur de la magistrature, pour évaluer la mise en application des lois promouvant les droits des femmes afin de dégager une feuille de route commune pour le respect de ces droits en République Démocratique du Congo», a déclaré Bibi Baka, point focal du Mouvement «Rien sans les femmes (RSLF)».
Selon elle, cette démarche a été faite pour soutenir les organisations de défense des droits des femmes qui sont les vigies de la justice, en leur assurant des financements durables et en protégeant leur indépendance, afin de mettre en place le comité interministériel et le Conseil national du genre et de la parité.
Ceci, a-t-elle dit, sera sanctionné par la signature de la Première ministre, cheffe du gouvernement, d’un décret y afférent, conformément à la loi portant modalités d’application des droits des femmes et de la parité, harmonisant les pratiques juridiques qui limitent l’accès des femmes à leurs droits fondamentaux, en particulier dans les domaines de mariage, de la famille, de la propriété et de l’héritage.
Le point focal a insisté sur la prise en compte de l’article 14 de la Constitution, lors de la composition des listes des hommes et des femmes dans les différents processus politiques et de paix ainsi que dans les instances de prise de décision.
Pour une stabilité durable en RDC
Cependant, au-delà des plaidoyers, l’enjeu de cette année 2026 est celui de la
Redevabilité, a-t-elle indiqué. «C’est pourquoi nous prônons une collaboration technique renforcée entre le gouvernement et la société Civile dans la promotion
et protection des droits des femmes», a dit cette actrice sociale.
«La promotion des droits des femmes n’est pas seulement une question
de la justice sociale, elle constitue également une condition essentielle pour un développement inclusif et durable», a soutenu Mme. Baka.
«En cette journée commémorative, nous souhaitons rappeler que les
droits des femmes sont des droits humains fondamentaux. La réalisation
de ces droits nécessite des actions concrètes, des ressources adéquates
Et une volonté politique forte. L’égalité entre les femmes et les hommes n ’est pas seulement un objectif, mais une responsabilité collective», a-t-elle martelé.
Par ailleurs, la militante des droits des femmes a affirmé que lorsque les femmes ont accès à l’éducation, aux ressources économiques, à la justice et aux espaces de décision, c’est toute la société qui en bénéficie.
«C’est en travaillant en synergie que nous allons réussir ensemble dans la lutte contre les inégalités et les discriminations dont sont victimes les femmes et les filles. A toutes et à tous, engageons-nous à transformer les lois en protection effective et les droits en justice tangible. Parce qu’avec la justice, les droits cessent d’être des simples mots ou des promesses pour devenir un pouvoir réel», a conclu le point focal.ACP/

