Kinshasa, 14 avril 2026 (ACP).- Environ 74% des enfants en République démocratique du Congo (RDC) vivent dans des ménages pauvres au sens monétaire, selon les résultats de l’étude sur la pauvreté monétaire et les privations multidimensionnelles des enfants (Moda 2025), présentés dans un atelier de validation technique mardi à Kinshasa.
« Le rapport montre qu’environ 74% des enfants vivent dans des ménages pauvres au sens monétaire, la pauvreté multidirectionnelle a fait une proportion encore plus élevée d’enfants, notamment en milieu rural et dans certains province ou le niveau de privations dépasse 90%. Cela confirme une évidence essentielle qu’un enfant peut ne pas être pauvre monétairement, tout en étant privé de service essentiel indispensable à son développement et à son avenir», a déclaré Mariame Sylla, représentante du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef) en RDC.
Selon Mme Sylla, l’étude démontre également que la pauvreté des enfants en RDC dépasse la seule dimension monétaire et se manifeste par des privations multiples affectant leur bien-être.
« Près de 8 enfants sur 10 subissent au moins trois privations simultanées, notamment en matière d’accès à l’éducation, à l’eau potable, à l’hygiène, à l’assainissement et à une nutrition de qualité. Plus d’un tier des enfants font face à des privations sévères touchant au moins cinq dimensions essentielles », a-t-elle soutenu.
« Les enfants vivent la pauvreté différemment des adultes, un enfant peut appartenir à un ménage non pauvre, tout en étant privé de services fondamentaux, tels que les soins de santé, une alimentation adéquate, une éducation de qualité ou encore l’accès à l’eau potable et à l’assainissement », a-t-elle ajouté.
La représentante adjointe de l’Unicef en RDC a également insisté sur l’importance de l’enregistrement des naissances, qui reconnaît l’enfant comme individu et garantit ses droits.
Par ailleurs, elle a rappelé que l’Unicef, aux côtés du gouvernement congolais, soutient l’approche Moda centrée sur l’enfant, fondée sur les droits humains, sensible aux cycles de vie et orientée vers l’équité.
« Selon les données présentées, les privations commencent dès le plus jeune âge et persistent jusqu’à l’adolescence. La situation est particulièrement préoccupante en milieu rural et dans certaines provinces où le niveau de privations dépasse 90 %, confirmant le caractère structurel et profondément enraciné de la pauvreté infantile en RDC », a-t-elle expliqué.
La protection de l’enfant, une priorité pour le gouvernement congolais
De son côté, Daniel Epembe, secrétaire général au ministère du Plan et de la coordination à l’aide au développement a rappelé que la protection et l’épanouissement de l’enfant constituent une priorité pour le gouvernement. Il a affirmé que la Première ministre, Judith Suminwa, cheffe du gouvernement place la protection et l’épanouissement de l’enfant au cœur de l’action gouvernementale, un levier essentiel d’un développement durable et inclusif.
Il a relevé que cet atelier revêt une importance stratégique en ce qu’il vise à doter la RDC d’un instrument analytique capable d’orienter les politiques publiques et d’accélérer l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD), tout en traduisant un engagement collectif en faveur de solutions concrètes et durables.
« Malgré son potentiel économique, la RDC reste confrontée à des défis majeurs, avec 73,5 % de la population vivant sous le seuil international de pauvreté fixé à 2,15 dollars par jour en 2024, tandis que 74,6 % des enfants subissent des privations multiples dans des domaines essentiels, tels que la santé, l’éducation, la nutrition, l’eau, l’assainissement, le logement, la protection et l’accès à l’information», a-t-il précisé.
L’étude Moda RDC 2025, basée sur des données actualisées de 2023-2024, constitue ainsi un outil stratégique majeur pour renforcer la planification nationale, sectorielle et provinciale en matière de lutte contre la pauvreté des enfants. Cet atelier à été organisé par le ministère du Plan avec l’appui de l’Unicef. ACP/C.L.

