Kinshasa, 23 juin 2026 (ACP).- Des veuves ont été présentées comme des femmes souvent oubliées des politiques publiques à cause des discriminations dont elles sont victimes, lors d’un atelier mardi à Mbuji-Mayi, au Kasaï Oriental, dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC).
« Les veuves sont des femmes souvent oubliées des politiques publiques. Malgré leur nombre important, elles demeurent parmi les catégories sociales les plus vulnérables. Dans plusieurs communautés, elles sont victimes de pratiques coutumières discriminatoires, de stigmatisation, de violences psychologiques, économiques et parfois physiques », a déclaré le sociologue Carlin Vese, ambassadeur de la masculinité positive.
« Plusieurs veuves se voient privées de leurs terres, de leur héritage ou de leurs moyens de subsistance. D’autres sont contraintes de vivre dans l’extrême pauvreté tout en assumant seules la responsabilité de leurs enfants et de leur famille », a-t-il ajouté.
Selon M. Vese, face à ces défis, il devient impératif de promouvoir des approches innovantes capables de transformer durablement les normes sociales qui perpétuent ces injustices.
Il a appelé les organisations de la société civile (OSC), les institutions publiques, les partenaires techniques et financiers ainsi que les communautés locales à intégrer la masculinité et féminité positives dans leurs interventions pour garantir aux veuves la sécurité et la protection.
« Nous devons agir pour une société plus juste et plus humaine. Les OSC, les institutions publiques, les partenaires techniques et financiers ainsi que les communautés localesdoivent intégrer systématiquement ces approches dans leurs interventions afin de garantir des résultats durables », a indiqué M. Vese.
« Construire une société où chaque veuve peut vivre libre de toute violence, de toute discrimination et de toute précarité exige l’engagement collectif de tous les acteurs. Les féminités positives et les masculinités positives apparaissent aujourd’hui comme des leviers incontournables pour bâtir des communautés plus équitables, plus inclusives et plus solidaires », a-t-il renchéri.
Ce sociologue a fait savoir qu’une veuve protégée, respectée et autonomisée est une force pour sa famille, sa communauté et toute la nation.
Une pensée pieuse aux veufs
M. Vese a, en outre, observé une pensée pieuse aux veufs, notamment ceux qui dépendaient en grande partie du soutien de leur défunte conjointe.
« En cette Journée internationale des veuves, nous réaffirmons notre engagement à défendre leur dignité, leurs droits et leur autonomisation. Nous avons également une pensée particulière pour les veufs, notamment ceux qui dépendaient en grande partie du soutien de leur défunte conjointe », a-t-il dit.
« Face à cette épreuve, ils peuvent eux aussi se retrouver dans une situation de vulnérabilité sociale, économique ou émotionnelle. C’est pourquoi nous encourageons la promotion d’une masculinité positive, fondée sur la responsabilité, la résilience et la solidarité, afin de leur permettre de surmonter ces difficultés, de reconstruire leur vie avec dignité et de continuer à assumer pleinement leur rôle au sein de la famille et de la communauté », a-t-il ajouté.
Il a réitéré son engagement à ne laisser personne de côté face au veuvage, qu’il s’agisse des veuves ou des veufs.
« Nous renouvelons notre engagement à défendre les droits des veuves et des veufs, à promouvoir leur autonomisation et à faire des valeurs d’égalité, de respect et de solidarité les fondements de notre action », a-t-il conclu.
Cet atelier a été organisé à l’occasion de la Journée internationale des veuves, célébrée le 23 juin de chaque année. Cette célébration rappelle que la dignité, la sécurité et les droits des veuves ne doivent jamais être considérés comme des privilèges, mais comme des droits fondamentaux.
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