Kinshasa, 9 avril 2026 (ACP).– La masculinité positive a été présentée comme la reconnaissance des ressources et des contributions des hommes dans la promotion de l’égalité des genres, lors d’une campagne jeudi à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC). « Promouvoir la masculinité positive, c’est aussi reconnaître les ressources, les forces et les potentialités dont disposent les hommes. Cette capacité à valoriser leurs contributions est essentielle pour les engager comme acteurs clés de la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes », a déclaré Carlin Vese, ambassadeur de la masculinité positive. Selon l’expert en engagement communautaire, cette reconnaissance est une dimension importante à comprendre et à intégrer. « La masculinité positive n’a pas pour objectif de blâmer les hommes. C’est une approche fondée sur l’empathie, l’écoute active et la reconnaissance des réalités vécues par chacun, afin de permettre aux hommes de jouer pleinement et positivement leurs rôles dans la société », a dit le sociologue Vese. « J’invite toutes les femmes à célébrer et à incarner les féminités positives, celles qui élèvent, inspirent et contribuent à un monde sans violence. J’invite également tous les hommes à adopter les masculinités positives, ces attitudes qui valorisent le respect, la non-violence, la responsabilité et l’humanité », a-t-il ajouté. Il a invité la population congolaise, particulièrement les hommes, à se procurer du livre : « L’homme que j’ai choisi d’être », pour mieux découvrir les expériences, les réflexions et le vécu partagé, en vue d’un changement positif. «Merci de bien vouloir vous procurer le livre : +L’homme que j’ai choisi d’être + pour mieux découvrir les expériences, les réflexions et le vécu que j’ai partagé. Le vrai problème n’est pas que l’homme congolais refuse de changer. C’est qu’il se sent terriblement seul face à ce changement. Il a peur d’être le premier à poser la veste d’avoir l’air ridicule, qu’on se moque de lui pour avoir osé être vrai », a-t-il expliqué. « Aucun de ces hommes n’était +mauvais+ au fond. Ils étaient simplement perdus, blessés, ou prisonniers de modèles hérités qu’ils n’avaient jamais eu le droit de questionner. La transformation ne naît jamais d’un décret ou d’une théorie », a-t-il renchéri. Elle naît d’une rencontre vraie : un moment où l’on se sent écouté sans être jugé. À partir de là, les montagnes commencent à bouger. C’est un seul pas, surtout lorsqu’il est sincère, peut changer toute une vie. Et souvent, ce pas timide suffit pour que toute une famille recommence à respirer, a-t-il poursuivi. La campagne « Jeudi en noir » est née pendant la décennie œcuménique des églises solidaires des femmes (1988-1998), proclamée par le Conseil œcuménique des églises (COE). Durant cette période, les récits de viols comme arme de guerre, d’injustices entre les sexes, d’abus, de violences et de tragédies liées à ces violences sont devenus d’autant plus visibles. Mais ce qui est également devenu visible, c’est la résilience, l’action et les efforts personnels des femmes pour résister à de telles violences. En RDC, cette campagne a été adoptée par plusieurs organisations de la société civile (OSC) pour dénoncer et lutter contre toutes formes de violences faites aux femmes.ACP/

