RDC : la présence féminine aux négociations des conflits recommandée pour consolider la paix

Kinshasa, 12 juin 2025 (ACP).– La présence des femmes aux tables de négociations des conflits a été recommandée pour faire avancer la consolidation de la paix en République démocratique du Congo (RDC), lors d’un atelier de réseautage des organisations de la société civile et des médias, jeudi à Kinshasa.

« Les femmes congolaises doivent être présentes aux tables de négociations des conflits pour faire avancer la consolidation de la paix en RDC. Il faut partir de ce que les femmes congolaises ont fait à Sun City. Elles n’avaient pas de place, mais elles ont été accompagnées par des expertes pour y participer et elles en sont parvenues. Ces dividendes ont aidé à la révision du Code de la famille, à l’insertion de l’article 14 de la Constitution et, en 2015, à la révision de la loi portant modalités d’application des droits de la femme et de la parité. Elles doivent participer réellement, surtout avec les consultations initiées par le Chef de l’État, pour jouer un grand rôle dans le retour d’une paix durable en RDC », a déclaré Me Josepha Pumbulu Mbimi, coordonnatrice de l’ONG Chari-Congo.

« La Résolution 1325 se concentre sur les droits des femmes et des filles, en abordant les défis spécifiques auxquels elles sont confrontées en temps de conflit. Elle reconnaît pour la première fois le rôle de la femme dans les consultations pour la recherche de la paix. Elle traite de l’impact des conflits sur les femmes et souligne l’importance de leur participation pleine et égale à la résolution des conflits et à la consolidation de la paix », a-t-elle ajouté.

Elle affirme que l’égalité des femmes et des hommes est essentielle pour maintenir et promouvoir la paix et la sécurité.

Elle soutient tous les efforts visant à maintenir et à favoriser la sécurité et invite instamment tous les acteurs à accroître la participation des femmes et à prendre en compte la parité des sexes dans tous les domaines de la consolidation de la paix (délégation dans les pourparlers de paix, désignation des médiatrices ou facilitatrices, participation aux contingents de paix, etc.).

Elle appelle également les États membres des Nations Unies à mettre en œuvre des démarches d’équité entre les sexes et à garantir la représentation des femmes dans les processus décisionnels. Tel est l’exemple de Son Excellence Catherine Samba Panza, ancienne Présidente de la République Centrafricaine, nommée co-facilitatrice de l’Union Africaine dans le processus de Luanda et de Nairobi.

La Résolution 1325, un appel clair pour l’implication des femmes

Pour Prince Murhula, gestionnaire de l’organisation internationale ‘’Journalistes pour les droits humains (JDH/RDC)’’, la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies est un appel clair pour intégrer les femmes dans toutes les phases des processus de paix.

« La Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies, que nous explorons aujourd’hui, est un appel clair : intégrer les femmes dans toutes les phases des processus de paix, de la prévention à la reconstruction. Ce n’est pas seulement une exigence morale ou juridique, c’est une condition stratégique pour une paix durable », a-t-il indiqué, avant de souligner que les femmes portent également des solutions durables.

« Ce sont souvent les femmes et les filles qui paient le prix le plus lourd de la guerre en RDC. Elles réconcilient les familles, reconstruisent les communautés et résistent à la peur avec une force remarquable. La paix véritable ne peut exister sans leur participation active », a affirmé M. Murhula.

Le gestionnaire de JDH a exhorté les journalistes et les ONG à devenir des relais puissants de cette voix féminine, souvent ignorée, parfois étouffée, mais toujours indispensable.

« Votre rôle est plus que jamais crucial. En tant que vecteurs d’information, vous avez le pouvoir d’amplifier la voix des femmes, de documenter leurs actions pour la paix, de dénoncer les injustices, et de contribuer à briser les stéréotypes qui les enferment dans des rôles passifs », a-t-il dit.

Selon M. Murhula, l’engagement de ces deux parties pour la paix est fondamental. Ils doivent construire des alliances puissantes pour influencer les politiques, faire pression pour l’application de la Résolution 1325 et assurer une meilleure représentation des femmes dans les processus de prise de décision.

« Ce que nous entamons aujourd’hui est un jalon vers un plaidoyer fort, ancré dans les réalités congolaises, pour que chaque femme soit reconnue comme actrice de paix à part entière », a-t-il conclu.

L’atelier, tenu mardi à Kinshasa, capitale de la RDC, a été organisé par l’organisation internationale « Journalistes pour les droits humains (JDH) » en collaboration avec l’ONG « Chari-Congo ». Cet atelier a pour objectif, notamment, de susciter les femmes à devenir des vecteurs de paix dans leur environnement, d’aider les femmes à développer le patriotisme et à vulgariser la Résolution 1325 dans leur entourage pour changer les mentalités. ACP/JF

Fil d'actualités

Sur le même sujet