Kinshasa, 07 février 2025 (ACP).- La protection des jeunes filles de la République démocratique du Congo (RDC) contre les mutilations génitales féminines a été évoquée, lors d’une rencontre des membres d’une ONG samedi, à Kinshasa, dans le cadre de la Journée internationale contre les mutilations génitales féminines, célébrée annuellement le 06 février.
« Le monde et particulièrement la RDC est appelée aujourd’hui à protéger les petites filles contre les atteintes à leur intégrité physique. L’éducation des jeunes filles constitue un facteur clé pour réduire la prévalence des mutilations génitales féminines (MGF)», a déclaré Véronique Mabangu, coordonnatrice de l’ONG ‘’les citoyens du ciel’’.
« Les mutilations génitales féminines constituent une violation des droits humains qui porte atteinte aux droits fondamentaux des filles et des femmes. Les lésions infligées aux organes génitaux féminins pour des raisons non médicales peuvent avoir des répercussions à court terme ou à vie sur la santé physique, sexuelle et mentale, depuis l’enfance jusqu’à la vieillesse, en passant par l’âge de procréer », a-t-elle ajouté.
Selon Mme Mabangu, cette pratique constitue une violation des droits de l’enfant et est contraire au droit à la santé, à la sécurité et à l’intégrité physique, ainsi qu’à l’interdiction de la torture ou des traitements cruels, inhumains ou dégradants, et au droit à la vie lorsqu’elle a des conséquences mortelles.
Elle a également décrit les dangers liés à cette pratique. « Elle consiste à faire l’ablation de tissus génitaux normaux ou à léser ces tissus, entravant ainsi le fonctionnement naturel de l’organisme féminin. Elle est associée à un risque accru de complications, notamment douleur violente, saignement excessif (hémorragie), gonflement des tissus génitaux, fièvre, infections telles que le tétanos, problèmes urinaires, décès et autres infections », a-t-elle fait savoir.
Mme Mabangu a en outre estimé que la situation a été aggravée par la crise sanitaire. « Les nombreuses fermetures d’établissements scolaires ainsi que les difficultés d’accès aux services essentiels causées par la crise de Covid-19 ont limité les possibilités de suivi et de signalement », a-t-elle expliqué, précisant que les écoles contribuent au bien-être social, émotionnel, psychologique et physique des enfants et des jeunes, tout en offrant une protection et une surveillance.
Elle a insisté sur le rôle des enseignants et les personnels scolaires qui, selon lui, assurent généralement un niveau de supervision primaire et une première ligne de défense pour les enfants et les jeunes exposés aux risques des MGF et des VBG .
« Il est important de rappeler que la protection des filles contre toute forme de VBG et de MGF est une obligation qui nous incombe à tous et toutes. Cette protection est un droit garanti par l’article 19 de la Convention internationale des droits de l’enfant. Aujourd’hui, plus de 230 millions de filles et de femmes subissent des mutilations génitales féminines et ont besoin d’accéder à des services de soins appropriés, et 22,7 millions de filles supplémentaires risquent de subir des MGF d’ici 2030 si aucune mesure n’est prise rapidement », a conclu la coordonnatrice de l’ONG ‘’Les citoyens du ciel’’. ACP/UKB

