Kinshasa, 22 avril 2026 (ACP).- La sécurité et la paix des personnes vulnérables dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), a été au centre d’un plaidoyer mené mercredi à Kinshasa par le mouvement citoyen debout congolais (MCDC), a-t-on appris de source associative. « Parler de la paix dans l’Est de notre pays c’est avant tout parler des femmes, des enfants, et des jeunes dont les vies ont été brisées par des années des conflits armées. C’est avec une profonde émotion que je prends la parole en ce jour mais aussi avec un sens élevé de responsabilité pour parler de la sécurité et la paix des personnes vulnérables dans l’Est du pays. La paix est primordiale surtout que les victimes des atrocités sont en majorité les femmes et les jeunes », a déclaré Prisca Nsanga, vice-présidente du conseil national de la jeunesse en charge des personnes vivant avec handicap.
«Depuis plus de deux décennies, des millions de compatriotes vivent dans la peur, l’insécurité et la précarité derrière les statistiques, il y a des résultats et des réalités humaines douloureuses. Des familles séparées, des victimes des violences, des enfants privés d’avenir et les personnes handicapées souvent abandonnées à leur triste sort. Les populations civiles restent les premières victimes dans cette crise et sont privées de leurs droits fondamentaux. Elles sont également exposées à des violences inconcevables », a-t-elle ajouté.
«Il y a une réalité ignorée, les personnes vulnérables sont particulièrement les femmes et les jeunes. Elles subissent une double peine à la fois victimes des conflits et exclus dans les résolutions des mécanismes humanitaires dans le processus de paix et les politiques publiques. Il est donc impossible de parler de la paix sans qu’une partie de la population soit invisible encore moins construire la sécurité sans justice pour les victimes, tout comme il est difficile de construire sans inclure les plus affectés, notamment les personnes vulnérables, les handicapés», a-t-elle dit.
«La paix ne doit pas être seulement un accord signé dans le bureau mais une réalité vécue dans les villages, dans les camps des déplacés et les communautés affectés. Elle doit restaurer l’activité humaine. Aujourd’hui nous avons une responsabilité collective celle de transformer les discours en action concrètes, celle de faire en sorte que les victimes ne soient plus des témoins silencieux mais des acteurs du changement », a-t-elle fait savoir. Pour sa part, Mme Nada Fayette, responsable de la police aux Nations unies a indiqué que la Monusco tente de protéger les civils surtout les femmes et les enfants, selon le mandat des Nations unies. Il sied de signaler que la Monusco a déjà exécuté plusieurs patrouilles sur place et aussi distribué des numéros verts pour les citoyens et les civils, en vue de les utiliser en cas d’urgence.
Elle a ajouté que « les femmes sont les premières défenseures de la police nationale congolaise (PNC) et en tant qu’officier de genre, je défends seulement sur les femmes, je travaille pour intégrer les femmes dans le processus de paix et de sécurité parce que la Monusco a constaté une faible présence des femmes dans le processus de la sécurité, pourtant elle est la première défenseure pour la paix et la sécurité ».
Au terme de la rencontre, plusieurs recommandations ont été formulées, entre autres, le renforcement de la protection civile en particulier dans les zones à hauts risques, la garantie à l’accès dans les zones des conflits, la reconnaissance et la réparation des préjudices causés par les victimes, l’intégration aux soins par l’accompagnement écologique et la réhabilitation pour toutes les victimes sans discrimination, l’intégration des victimes y compris les personnes handicapées dans le processus de dialogue et dans la prise de décision et enfin promouvoir une approche inclusive de la paix qui ne laisse personne de côté.
ACP/

