Kinshasa, 05 octobre 2026(ACP).- Le renforcement de contrôle des enseignants, le respect des critères minimum de leur qualité et leurs conditions de travail ont été sollicités auprès du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC), lors d’un plaidoyer mené lundi, à Kinshasa, à l’occasion de la Journée internationale des enseignants.
« Les ministères en charge de l’Éducation doivent renforcer le contrôle et le suivi des établissements scolaires, définir et faire respecter des critères minimum de qualité, tant pour les infrastructures que pour les équipements, les conditions de travail et la qualité de l’enseignement » a déclaré Ornella Aosa, présidente du conseil communal de Kasa-Vubu (CCJ-KV).
« Étant que parents, Église et société, nous avons donc une responsabilité collective, celle de mobiliser, notamment à travers le plaidoyer auprès des autorités compétentes, pour l’amélioration des conditions de travail des enseignants et de l’environnement scolaire » a-t-elle ajouté.
Elle a précisé que les parents doivent également être davantage exigeants sur la qualité de l’éducation donnée à leurs enfants, tout en valorisant et en respectant le travail des enseignants.
Cette actrice sociale a indiqué que les enseignants jouent un rôle essentiel dans l’ouverture des jeunes aux nouvelles perspectives.
« Aujourd’hui, certains enseignants inspirent, innovent et encouragent leurs élèves à explorer les nouvelles technologies, les sciences, l’entrepreneuriat et les métiers de demain. Ils deviennent ainsi de véritables accompagnateurs dans la construction de l’avenir des jeunes » a-t-elle martelé.
Mme Aosa a rappelé que d’autres enseignants restent, cependant, assez conservateurs, notamment face aux nouvelles technologies et aux nouvelles méthodes d’apprentissage.
Selon elle, cela peut parfois créer un décalage entre les réalités auxquelles les jeunes sont confrontés et l’enseignement qui leur est proposé.
« L’enjeu n’est donc pas de remplacer l’enseignant par la technologie, mais de permettre à l’enseignant de s’approprier la technologie pour mieux enseigner et mieux inspirer » a-t-elle dit, indiquant que l’enseignant d’aujourd’hui doit être lui-même un apprenant permanent, car pour ouvrir les élèves aux nouvelles perspectives, il faut d’abord accepter de continuer à apprendre, à évoluer et à se remettre en question.
Les grands défis des enseignants congolais
Mme Aosa, également coordinatrice provincial de Kinshasa à Yali/RDC, a fait savoir qu’en RDC aujourd’hui, l’un des plus grands défis auxquels font face les enseignants reste la précarité de leurs conditions de travail : insuffisance ou irrégularité des rémunérations et des honoraires, manque d’infrastructures adaptées, insuffisance des équipements et du matériel pédagogique, sans oublier parfois le manque d’accompagnement et de formation.
« Or, il est difficile d’exiger d’un enseignant qu’il donne le meilleur de lui-même lorsque les conditions dans lesquelles il exerce son métier ne lui permettent pas toujours de travailler dignement » a-t-elle indiqué.
En outre, Mme Aosa a lancé un défi pour cette semaine, celle de poser une action très simple, celle de prendre quelques minutes pour remercier personnellement un enseignant autour de nous.
« Un appel, un message, une visite ou simplement quelques mots sincères pour lui dire : « Merci pour ce que vous faites pour nos enfants. Votre travail compte et votre engagement fait une différence » a-t-elle insisté.
« Nous pouvons également, selon nos moyens, lui apporter un petit soutien concret : du matériel pédagogique, un livre ou simplement notre disponibilité pour l’écouter. Parce que lorsqu’une personne exerce une vocation, la reconnaissance et l’encouragement peuvent lui redonner la force de continuer, surtout dans les moments difficiles » a-t-elle conclu.
La journée internationale des enseignants est fêtée chaque année le 5 septembre, depuis 1994. Elle commémore la signature de la recommandation de l’organisation internationale de travail (OIT) et l’organisation des Nations unies pour l’éducatio, la science et la culture (Unesco) concernant la condition du personnel enseignant de 1966. ACP/ Aos/MN

