Kinshasa, 05 octobre 2026 (ACP).- Un appel a été lancé aux enseignants de la République démocratique du Congo (RDC) à être capables de produire des connaissances adaptées aux réalités et aux défis de la société, lors d’un entretien lundi à Kinshasa, à l’occasion de la Journée internationale des enseignants, célébrée annuellement le 5 octobre.
« En tant qu’assistante d’enseignement à l’Université pédagogique nationale, je considère que l’enseignement et la recherche sont indissociables. Nous ne pouvons pas simplement transmettre des connaissances produites ailleurs ; nous devons aussi être capables de produire des connaissances adaptées à nos propres réalités et aux défis de notre société », a déclaré Christenvie Melly, assistante d’enseignement à l’université pédagogique nationale.
« À mon avis, l’un des grands défis de l’enseignant en RDC aujourd’hui est de pouvoir exercer pleinement son rôle dans un environnement qui donne encore trop peu de place à la recherche et à l’innovation » , a-t-elle ajouté.
Mme Melly a déploré le manque de financement pour les chercheurs congolais.
« La recherche doit être financée. Nous avons besoin de politiques publiques efficaces et durables en matière de recherche scientifique, avec des mécanismes de financement accessibles aux chercheurs, aux universités et aux jeunes chercheurs. Un enseignant qui veut faire de la recherche, mener une étude de terrain, publier ou développer une innovation a besoin de moyens » , a-t-elle dit.
Elle a indiqué qu’il est important de rapprocher davantage la recherche des besoins réels du pays, entre autres : l’éducation, la santé, l’environnement, les nouvelles technologies, l’emploi, l’agriculture, le genre, la paix et tant d’autres secteurs.
Pour elle, la RDC dispose d’une jeunesse et d’un potentiel scientifique considérables, encore faut-il créer les conditions pour que ce potentiel puisse réellement produire des solutions.
« Cette responsabilité ne revient pas uniquement à l’État ou à l’université. Les parents, l’Église, les entreprises, les partenaires au développement et l’ensemble de la société ont aussi un rôle à jouer pour valoriser le savoir, encourager les enfants à poursuivre leurs études et considérer la recherche comme un investissement et non comme une dépense », a-t-elle révélé.
Mme Melly, également chargée du genre au conseil national de la jeunesse (CNJ) a fait savoir que soutenir l’enseignant, ce n’est pas seulement améliorer ses conditions de travail. Selon elle, c’est aussi lui donner les moyens de chercher, de produire, d’innover et de transmettre un savoir qui contribue directement au développement de la RDC.
« Lorsque nous finançons la recherche, nous investissons finalement dans l’avenir de notre jeunesse et dans la capacité de notre pays à construire ses propres solutions », a-t-elle martelé.
L’enseignant doit être un accompagnateur et un modèle
Mme Melly a soutenu que le rôle de l’enseignant ne doit plus être uniquement celui de transmettre des connaissances. Pour elle, Il est aussi un accompagnateur, un modèle et parfois celui qui révèle à un jeune des possibilités qu’il n’avait pas encore envisagées.
« L’enseignant congolais a donc une responsabilité importante : ouvrir les horizons de notre jeunesse et lui donner les outils pour devenir actrice de son propre avenir et, plus largement, du développement de la République démocratique du Congo », a-t-elle dit.
Elle a, à la même occasion invité les enseignants à inspirer, à apprendre au jeune à réfléchir, à questionner, à créer, à oser et à croire en sa capacité de contribuer à la transformation du pays.
S’agissant de la responsabilité des établissements d’enseignement, cette assistante de l’UPN a révélé que l’école et l’université doivent donc lui permettre de développer aussi l’esprit critique, la créativité, l’autonomie, l’innovation et la capacité à saisir les nouvelles opportunités .
« Ils ont besoin de comprendre que leur avenir ne se limite pas nécessairement aux parcours traditionnels et qu’ils peuvent également s’intéresser aux sciences, aux technologies, à l’entrepreneuriat, à la recherche, aux métiers émergents, au leadership ou encore à l’engagement citoyen », a-t-elle conclu. ACP/ Aos/MN

