Kinshasa, 31 août 2026 (ACP).- Un appel à la mobilisation collectivement et à l’élaboration de propositions concrètes pour le prochain dialogue national a été lancé aux femmes de la République démocratique du Congo (RDC), afin qu’elles s’imposent comme des actrices incontournables, selon le magazine ‘’Coup de gueule de la femme’’ parvenu dimanche à l’ACP.
«Les crises de la république ne sont pas de simples sujets de discours, nous les vivons au quotidien. Cette fois, ne nous contentons pas d’être spectatrices : prenons notre place à la table où se dessine l’avenir du pays », a-t-on lu.
« Pendant trop longtemps, la participation des femmes a été réduite à quelques sièges dans une salle ou quelques noms sur une liste. Aujourd’hui, nous ne voulons plus seulement être représentées, nous voulons participer », a précisé le document.
Selon la source, la présence des femmes dans les instances de négociation ne doit plus être une simple formalité de représentativité ou de quota, mais l’expression d’un projet de société clairement défini.
Face aux enjeux politiques et sociaux actuels, les promotrices de cet appel ont invité les Congolaises à rompre avec la passivité et à refuser de laisser une élite restreinte décider unilatéralement du devenir de la nation.
« Ce dialogue n’est pas seulement une affaire de politiciens. Il concerne notre quotidien. Il concerne nos familles. Il concerne nos enfants. Il concerne l’avenir de la république », a indiqué le document.
Les rédactrices de ce plaidoyer ont également mis l’accent sur une préparation rigoureuse et structurée à travers des concertations directes et le renforcement des capacités des leaders féminines, soulignant que l’objectif est d’inviter les Congolaises à apporter une valeur ajoutée qualitative par des contributions mûrement réfléchies.
« Organisons-nous. Consultons-nous. Écoutons-nous. Préparons nos propositions. Formons nos représentantes. Et lorsque viendra le moment de prendre la parole, soyons prêtes », ont-elles martelé, précisant que « participer à la construction du pays ne signifie pas seulement demander une place. Cela signifie être capable de dire ce que nous voulons faire de cette place ».
« Ne venons pas au dialogue national avec nos seules plaintes, venons avec nos propositions. Il ne suffit plus de dire que les femmes souffrent, il faut dire ce que nous voulons changer. Nous devons apporter à ce dialogue une parole réfléchie, citoyenne et constructive. Pas une parole de colère ou de division, mais une parole de femmes qui ont souffert, qui ont observé et qui proposent des solutions », ont-elles insisté.
Les porte-voix de ce collectif ont indiqué que la mobilisation doit impérativement dépasser les salons politiques de la capitale pour toucher la base réelle de l’économie et de la société congolaise, en intégrant les figures majeures du quotidien national.
« Ce dialogue appartient à toutes les femmes de la république, de Kinshasa jusqu’au plus profond de nos provinces. C’est la voix de la vendeuse du marché, de l’agricultrice, de l’enseignante et de la mère de famille qui doit être entendue », ont-elles renchéri.
Et de s’interroger : « Comment voulons-nous soutenir les femmes entrepreneures, les commerçantes et celles qui font vivre leurs foyers grâce à l’économie informelle ? Le Dialogue national doit répondre à ces réalités concrètes ».
Responsabilité envers les générations futures
Pailleurs, elles ont appelé la population congolaise à la responsabilité historique, incitant chaque citoyenne à saisir cette opportunité pour bâtir un État de droit plus équitable, capable de rompre le cycle des crises passées.
« Nous avons reçu un pays avec ses blessures et ses divisions, mais nous n’avons pas le droit de transmettre toutes ces blessures à nos enfants. Nous devons leur léguer une République meilleure », prévient le plaidoyer.
« Si nous voulons réellement laisser à nos enfants un pays plus beau, plus juste, plus uni et plus solide que celui que nous avons reçu, nous ne pouvons pas nous permettre de rester spectatrices de son avenir. Notre responsabilité est historique : bâtir un pays où une fille peut rêver sans que son sexe soit une limite, et où la justice ne dépend ni de la puissance ni de l’argent », ont-elles fait savoir, affirmant que les femmes doivent désormais s’inviter à la table des négociations avec « une voix, une vision et des propositions ».
Initié par le Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi, ce forum républicain, qui s’ouvrira par des consultations directes dans les 26 provinces du pays, affiche l’objectif d’inclure toutes les composantes de la population afin de rompre avec les processus politiques traditionnels, souvent jugés trop éloignés des réalités du terrain.
ACP/Kal./Kis./MN

