RDC : les normes socioculturelles, un frein à la participation politique des femmes (Directeur de cabinet adjoint du Chef de l’Etat)

Kinshasa, 19 octobre 2026 (ACP).– Les normes  socioculturelles ont été présentées comme un frein à la participation politique des femmes en République démocratique du Congo (RDC), lors de la cérémonie de baptême du livre intitulé : « La puissance des normes socioculturelles sur les droits à la participation politique des femmes en RDC : cas des élections de 2023 », lundi à Kinshasa.

‎« Lorsque le droit ouvre les portes du pouvoir à la femme, mais que la société en garde jalousement les clés, l’égalité demeure une promesse inachevée », a déclaré Nicole Bwatshia, directrice de cabinet adjointe du Chef de l’Etat chargée des questions politiques, juridiques et diplomatiques.

« Le décalage entre les garanties juridiques consacrant l’égalité entre les hommes et les femmes et les pesanteurs socioculturelle limitent l’accès des femmes aux responsabilités politiques », a-t-elle ajouté, indiquant que la transformation des mentalités et des représentations socioculturelles est une nécessité pour garantir une participation effective des femmes à la vie politique en RDC. 

S’appuyant sur son expérience personnelle, Mme Bwatshia a dénoncé les stéréotypes, les discriminations et les préjugés qui réduisent les femmes à leur apparence physique, au détriment de leurs compétences. 

« J’ai été écartée d’une réunion politique importante au motif que ma beauté risquait de distraire les hommes présents », a-t-elle déploré, illustrant les obstacles auxquels les femmes sont confrontées dans les espaces de décision.

Elle a, par ailleurs, rappelé que la Constitution congolaise consacre l’égalité entre les hommes et les femmes et que les textes légaux proclament le principe de la parité, précisant que ces dispositions ne suffisent pas à garantir leur application effective dans la société.

« J’insiste sur l’importance de l’anthropologie juridique, une approche qui permet d’analyser les phénomènes juridiques à la lumière des réalités socioculturelles, afin de mieux concilier les prescriptions légales avec les pratiques et les mentalités de la société », a-t-elle insisté.

Saluant le travail de Pacifique Nkunzi, l’auteur dudit ouvrage, Mme Bwatshia a émis le vœu de voir cette œuvre contribuer à combattre les résistances socioculturelles et à promouvoir la reconnaissance des femmes en politique sur la base de leur intelligence, de leurs compétences et de leur légitimité. 

Elle a estimé que leur émancipation politique exige, non seulement leur accès aux institutions, mais également une transformation profonde des représentations sociales qui conditionnent leur acceptation dans les sphères de décision.

Lors de la célébration de la deuxième édition de la Journée nationale de la masculinité positive, 31 mars dernier, les qualités de Me Nkunzi avaient déjà été mises en avant par sa nomination en tant qu’ambassadeur de la masculinité positive. ACP/D O/YM 

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