RDC : l’intégration des femmes dans les politiques de santé publique recommandée à Kinshasa 

Kinshasa, 18 octobre 2025 (ACP).- L’importance de l’intégration et de l’inclusion des femmes dans les politiques de santé publique a été recommandée pour le développement et le leadership éclairé en République démocratique du Congo (RDC), lors de la 3ème édition du festival « Les défis Congolais » sous le thème : « RDC 2030, décidons », samedi à Kinshasa.

«Nous avons fait une pétition synthèse sur l’importance de l’intégration et de l’inclusion des femmes dans les politiques de santé publique. Cela représente un enjeu stratégique majeur pour transformer le paysage sanitaire congolais», a déclaré le Dr Onya Katako, médecin au programme Mpox.

Selon elle, avec une population féminine constituant plus de 50% des 100 millions d’habitants, les femmes congolaises demeurent paradoxalement sous représentées dans les processus qui affectent directement leur santé et leur bien-être.

« Les indicateurs de santé demeurent préoccupants, car le taux de mortalité maternelle est estimé à 473 décès pour 100 000 naissances selon les dernières données disponibles. Et cela classe la RDC parmi les pays les plus dangereux au monde pour accoucher», a-t-elle indiqué.

« Il y a également l’impact des conflits sur la santé féminine ; les violences sexuelles utilisées comme arme de guerre ont créé des traumatismes durables nécessitant une prise en charge psychologique et médicale spécialisée », a-t-elle ajouté.

Le Dr Onya a précisé que les défis sont énormes, notamment les résistances culturelles, les contraintes budgétaires et des ressources etc., tout en proposant quelques stratégies pour pallier les différents défis à savoir : la formation et les renforcements des capacités des femmes, la création de mécanismes institutionnels garantissant l’inclusion des femmes dans les processus décisionnels ainsi que l’établissement de réseaux de mentorat et d’accompagnement professionnel qui peut faciliter l’émergence d’une nouvelle génération de leaders féminins.

Elle a suggéré de mettre en place des projets spécifiques pour former les femmes aux techniques de gouvernance, de gestion de projet et d’analyse des politiques afin de procéder à la création d’un fonds national pour la santé des femmes.

« En RDC, les femmes constituent l’épine dorsale de l’économie informelle et de l’agriculture vivrière. Leur participation active dans la définition de la politique de santé garantirait une meilleure adéquation entre les programmes proposés et les besoins réels de la population. Leurs connaissances intimes des réalités familiales et communautaires en fait des partenaires indispensables pour l’élaboration de stratégies sanitaires efficaces et durables», a-t-elle dit.

« Les femmes réinvestissent jusqu’à 90% de leurs revenus dans l’éducation et la santé de leur famille contre 35% pour les hommes. Dans  l’avenir, si les recommandations proposées sont mises en œuvre de manière cohérente et soutenue, la RDC pourrait connaître une transformation remarquable de son secteur sanitaire d’ici 2035 », a-t-elle renchéri, avant d’indiquer que cette transformation aurait des impacts positifs sur l’ensemble de l’économie congolaise avec une augmentation significative de la productivité féminine et l’amélioration générale des indicateurs de développement humain.

ACP/UKB

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