Kinshasa, 22 septembre 2026 (ACP).- La voix des femmes pour la paix et la sécurité en République démocratique du Congo (VFPS), a plaidé pour une participation effective des femmes au dialogue initié par le Président de la République, lors d’une conférence de presse tenue mardi à Kinshasa, capitale du pays.
«Les femmes représentent plus de 25% de la population, sans elles, le dialogue ne reflète pas la réalité du terrain. Pour que les décisions soient acceptées par toute la communauté, il faut que toutes les voix soient autour de la table. Les femmes sont souvent les premières victimes des conflits, mais aussi les premières à gérer les conséquences de ces conflits. Elles connaissent les causes profondes des tensions dans les familles et les communautés. Leur expérience apporte des solutions concrètes», a déclaré Georgette Biebie, secrétaire exécutive de la VFPS.
«Les femmes sont perçues comme moins partisanes et plus orientées vers le consensus. Leur présence désamorce les tensions, crée un climat de confiance et facilite le dialogue entre des groupes qui ne se parlent plus. Elles privilégient l’intérêt collectif à l’intérêt individuel», a-t-elle ajouté. Selon Mme. Biebie, exclure les femmes au dialogue, c’est exclure la moitié des droits et des besoins à protéger.
«Les questions de violences sexuelles, accès à la terre, protection des enfants, gestion des ressources ne peuvent pas être bien traitées sans celles qui les vivent au quotidien», a-t- elle martelé.
Pour sa part, Joëlle Mbamba, vice-présidente de la commission nationale des droits de l’homme (CNDH), a rappelé la place et le rôle de la femme dans la construction d’une paix durable et d’une société fondée sur la sécurité, la justice, l’égalité et la dignité humaine.
Pour elle, les femmes sont actrices de paix, éducatrices, entrepreneures, responsables communautaires, professionnelles, militantes des droits humains en grand nombre, et souvent et malheureusement premières victimes des conséquences des conflits et de l’insécurité. «Pourtant, notre voix demeure encore insuffisamment entendue dans les espaces où se prennent les décisions qui déterminent l’avenir de notre pays», a soutenue Mme. Mbamba «Nous voulons que la femme congolaise ne soit pas seulement considérée comme une victime de crise, mais qu’elle soit pleinement reconnue comme une actrice de paix, une actrice de sécurité et du développement de la RDC», a fait savoir la vice-présidente de la CNDH.Le dialogue, un véritable espace d’écoute «Pour la Voix des Femmes pour la Paix et la Sécurité en RDC, ces consultations doivent constituer un véritable espace d’écoute et non une simple formalité préparatoire», a pour sa part indiqué Chantal Malamba, porte-parole de cette association des femmes de la RDC, lisant le communiqué de presse.
«La VFPSRDC appelle ainsi à garantir la liberté de participation et d’expression, la sécurité des participantes et des participants, des critères transparents de consultation et de représentation, une attention particulière aux réalités des territoires affectés par les conflits et la prise en compte des langues nationales et des conditions d’accessibilité», a noté Mme. Malamba.
La voix des femmes pour la paix et la sécurité en RDC est une plateforme de mobilisation, de dialogue, de concertation et d’action qui rassemble les femmes autour d’une vision commune : faire de leur voix et leur pouvoir une force au service de la paix, de la sécurité, de la gouvernance responsable des ressources stratégiques et du développement durable de la République démocratiquedu Congo. ACP/BD/Mok

