Santé sexuelle et reproductive : mise en place d’un réseau des parlementaires à Kinshasa

Kinshasa, 16 avril 2026 (ACP).-  La mise en place d’un réseau des parlementaires de la santé sexuelle et reproductive (SSR)  à l’Assemblée nationale à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), a été accomplie, dans le cadre du projet «Programme de santé et de responsabilité sexuelle» (SHARP), a-t-on appris jeudi des organisateurs.

«Plusieurs résultats ont été atteints au terme du projet SHARP en RDC, entre autres  la mise en place du Réseau des parlementaires de santé sexuelle et reproductive à l’Assemblée nationale afin de les impliquer dans ce combat ». Une façon de pérenniser les acquis de ce projet de quatre ans, lancé en 2022», a déclaré Mme. Mimy Mopunga, chargée du projet.

Selon elle, des tables rondes organisées dans les villes de Kinshasa, Matadi et Kikwit  ont permis de comprendre que les droits sexuels et reproductifs concerne tout le monde, dans un moment où la jeunesse est prête à prendre sa vie en mains pour  que les établissements sanitaires s’adaptent à leurs besoins.

«Car, investir dans la  Santé Sexuelle et Reproductive des adolescents et des jeunes (SSRAJ) aujourd’hui, c’est garantir un capital humain sain et responsable pour le  lendemain», a-t-elle expliqué.

Ces tables rondes ont été des occasions  de constituer un dossier de plaidoyer solide dans le but d’améliorer la demande et  l’offre des services de santé sexuelle et reproductive dans notre pays, a-t-elle dit.

Dans le cadre de ce projet,  le Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO) a participé à des réunions de haut niveau avec les partenaires techniques et financiers (UNFPA, Centre carter,…), où il  a relevé le fait que la vie des femmes en général, particulièrement des adolescents et jeunes est en danger suite à la faible ou absence de leur accès  aux services de santé sexuelle et reproductive, a-t-elle relevé.

«Cette plateforme a plaidé pour que le Gouvernement puisse donné sa contrepartie pour l’achat des produits contraceptif », a dit la chargée du projet. 

À ce sujet, un «MOU» a été signé (accord de partenariat) avec la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) pour la prise en compte de la thématique santé de la reproduction lors du monitoring ou l’élaboration du rapport pays sur les droits Humains, a-t-elle fait savoir.

Quatre études menées sur la disponibilité des produits de SSR

Par ailleurs, Mme. Mopunga a soutenu qu’au cours de ce projet, quatre études ont été menées dans les centre de santé sur les produits de santé sexuelle et reproductive,  disponibilité, rupture de stock et accessibilité financière, les produits de santé sexuelle et reproductive adaptés aux adolescents et jeunes ainsi que les  perspectives des prestataires de santé sur les  obstacles et  services  offerts.

D’après elle, les premières enquêtes ont démontré notamment que la disponibilité des produits de planning familial, de santé maternelle, de Infections Sexuellement Transmissibles, VHI/SIDA et de l’hygiène menstruel  était faible dans tous les secteurs,  aucun de ces produits n’atteignait le seuil de disponibilité de 80 % fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

«La disponibilité des produits de traitement des infections sexuellement transmissibles (IST) était plus élevée que celle des autres services, mais restait toujours sous-optimale », a-t-elle ajouté. «  La disponibilité globale de 47 produits  dans tous les secteurs était de 29,3 %. La disponibilité dans les secteurs public et privé était comparable, respectivement à 31,2 % et à 31,4 %. La disponibilité dans le secteur confessionnel était plus faible (de 24,6 %). Dans les trois secteurs, la disponibilité était plus élevée dans les zones urbaines que dans les zones rurales», a dit la militante.

Dans le secteur public, a-t-elle poursuivi : » l’étude a démontré que  les ruptures de stock des produits de planning familial (PF) étaient courantes pour l’énanthate de noréthistérone et les préservatifs masculins ».  Tandis que dans le secteur privé : «  des ruptures de stock importantes ont été constatées pour l’acétate de médroxyprogestérone, l’implant au lévonorgestrel et les préservatifs féminins ».

Dans le secteur confessionnel : «les préservatifs masculins et féminins et l’énanthate de noréthistérone ont connu d’importantes ruptures de stock. Les ruptures de stock pouvaient durer longtemps, parfois plus de 100 jours. En ce qui concerne les produits de santé maternelle, les ruptures de stock étaient un peu moins fréquentes, mais se produisaient tout de même régulièrement », a-t-elle souligné.

Toujours dans le secteur confessionnel : «quatre produits sur neuf ont fait objet d’une rupture de stock au moins dans un centre de santé. Les ruptures de stock des produits de prévention ou de prise en charge du VIH/SIDA semblaient être moins fréquentes, mais cela s’explique en partie par le petit nombre de centres de santé qui stockent ces produits. Lorsqu’il y a une rupture de stock, elle peut durer longtemps, jusqu’à plus de 100 jours », a conclu la chargée de projet SHARP au CAFCO.

ACP/C.L.

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