Sud-Ubangi : une proposition d’édit sur la rééducation des filles enceintes jugée recevable

Gemena, 3 novembre 2026 (ACP).- La proposition d’édit sur la rééducation des filles enceintes et mères adolescentes a été jugée recevable à l’Assemblée provinciale du Sud-Ubangi, dans le Nord-ouest de la République démocratique du Congo (RDC), au cours d’une séance plénière tenue mardi à l’hémicycle de cet organe délibérant.

«Je tiens à remercier de vive voix mes collègues députés qui ont accepté d’amender et voté cette proposition, je remercie également le bureau qui a aligné cette proposition d’édit parmi les matières du jour. Soucieux de la scolarisation des jeunes filles, cette proposition d’édit vise à garantir le droit à l’éducation et à briser le cycle d’abandon scolaire causé par les grossesses précoces dans la province», a déclaré Junior Ambeke, auteur de ladite proposition.

Selon cet élu de la ville de Gemena, après débat général, les députés provinciaux ont, à la majorité, jugé la proposition recevable.

«Un vote qui traduit la volonté de l’organe délibérant de s’attaquer à un fléau qui touche des centaines de jeunes filles dans le Sud-Ubangi», a-t-il expliqué.

Selon les données évoquées en plénière, de nombreuses adolescentes sont contraintes d’arrêter définitivement l’école après une grossesse, faute d’un cadre légal protégeant leur retour en classe.

L’édit proposé prévoit, notamment la création des centres de rééducation, d’accompagnement psychosocial et de formation professionnelle, ainsi que l’obligation pour les écoles de réadmettre les filles après l’accouchement.

Pour les initiateurs, il ne s’agit pas d’encourager les grossesses précoces, mais de donner une seconde chance aux filles victimes de stigmatisation et de garantir l’égalité des chances prônée par la Constitution.

C’est un pas décisif pour l’avenir de la jeune fille au Sud-Ubangi, qui pourrait bientôt disposer d’un cadre légal protecteur, à l’image de ce qui se fait dans d’autres provinces de la RDC.

Jugée recevable, la proposition a été renvoyée à la commission socioculturelle pour un examen approfondi, avec un délai imparti pour enrichir le texte et l’adapter aux réalités locales avant son adoption finale. ACP/PGM/PN

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