Trois questions à  Isaac Issumo  président de l’Association des ingénieurs agronomes du Congo (Assiac)

Kinshasa, 20 Février 2024 (ACP).- Le secteur de l’agriculture occupe une place prépondérante dans l’économie nationale. La République démocratique du Congo n’arrive  pas à  nourrir suffisamment sa population et recourt à des importations massives en denrées alimentaires. Pour en savoir plus,  l’ACP a accordé une interview mardi à Monsieur Isaac Issumo Bombula.

1.         Quelles sont les attentes des professionnels de l’agriculture que vous représentez pour ce deuxième quinquennat du Chef de l’Etat Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo ?

R/ En réponse à cette préoccupation, Monsieur Isaac Issumo Bombula a relevé que les attentes pour ce quinquennat du Chef de l’Etat consistent à tenir compte du leadership de la gouvernance agricole, c’est-à-dire, laisser la gestion du ministère de l’Agriculture entre les mains des ingénieurs agronomes pour qu’ils puissent résoudre le problème de la faim au Congo. Il a soutenu que la production agricole est le domaine par excellence de l’ingénieur agronome et qu’attend du Chef de l’Etat des actions politiques en sa faveur, en lui octroyant par exemple la gestion de ce ministère afin de concrétiser réellement sa vision de la vengeance du sol sur le sous-sol. Sans l’implication  de l’ingénieur agronome  en sa qualité de «  la fourche et de la fourchette » et  du décideur au sommet de la gouvernance agricole, les membres de l’Assiac ne pensent pas que cette vision sera réalisée. Dans ce cadre, le premier outil se veut être de changer la chose, à savoir le budget alloué  ensuite, le rendre effectif afin que les différents acteurs, du secteur agricole à partir du sommet jusqu’au paysan, puissent agir.  Cela va constituer un début de solution pour le secteur agricole.  Il a ajouté que réellement, les ingénieurs ont des attentes et que pour les atteindre, il faut changer  de paradigme lequel consiste à faire que les ingénieurs agronomes agissent en dehors du ministère. « Pourquoi nous disons ça, c’est simplement parce que nos attentes au sein de l’administration de l’agriculture où il y a beaucoup d’agronomes ne sont pas satisfaites par le gouvernement », a-t-il martelé. ll a soutenu que leur expression au sein du gouvernement dépend des moyens que ce dernier met à leur disposition. « Comme  les moyens mis à leur disposition ne suivent pas les potentialités, c’est ainsi que nous attendons », a-t-il dit tout en précisant l’Assiac peut ou non changer de paradigme en mettant son expertise et sa potentialité à la disposition du producteur,  de l’agriculteur » La question maintenant est de savoir comment le faire si ce n’est pas à travers l’Association des Ingénieurs Agronomes du Congo (ASSIAC) tout simplement parce qu’elle est l’une des associations privées la  mieux répandue à travers les différentes territoires de la République démocratique du Congo. «  Nous nous sommes dits, nous allons vers le paysan tout simplement parce que 70% de la population de notre pays est rurale et l’activité agricole dépend de ces paysans qui sont répandus sur toute l’étendue du pays. Notre proximité auprès des paysans va nous permettre de l’impacter  afin d’augmenter tant soit peu la production agricole en RDC ». M. Isaac Issumo Bombula a laissé entendre qu’avec ses moyens propres, l’ASSIAC s’est donnée comme objectif de produire pour impacter  sur toute l’étendue nationale notamment à Mbanza-ngungu où l’association dispose de 300 hectares de terres arables où 50 hectares ont déjà été préparés.

2) Êtes-vous satisfait de la gestion du ministère de l’Agriculture par différentes personnes qui se sont  succédé à sa tête ?

R/A cette préoccupation, M. Issumo a dit que l’Assiac doit être directe et franche sans tenir compte des personnalités. On juge certaines choses par les résultats, or,  d’entrée de jeux, un grand problème se pose dans le secteur agricole. Il a préconisé l’exemple des médecins dans l’implication d’une épidémie quelconque, soulignant que le ministère de la Santé publique associe les experts médicaux dans la recherche des solutions à l’épidémie. Et cela sans pour autant parler des personnes, « Nous voyons le résultat qui est consécutif d’un bon leadership. Une façon de dire que si le résultat ne change pas, c’est qu’il y a un problème de leadership », a déclaré le président de l’ASSIAC tout en précisant  qu’à chaque chose, il y a un expert. Le résultat dans ce contexte est de sentir réellement que la faim est en train d’être réellement combattue. « Tant que les gens ont faim, cela témoigne que le leadership n’est pas bon dans le secteur agricole »

3)        Différents programmes de relance de l’agriculture ont existé  en RDC et n’ont pas donné les résultats escomptés. A quoi vous attribués cet échec ? Quels sont les remèdes ?

R/L’ingénieur Issumo a dit que généralement, les différents projets n’atteignent pas les objectifs et cela à partir de la conception. « Beaucoup de projets agricoles n’atteignent pas le producteur et cela constitue un problème majeur du fait que la grande partie des budgets subventionnés, trop souvent, par des partenaires internationaux servent  à constituer des charrois automobiles ; à mettre en place des bureaux climatisés et  à organiser des multiples ateliers diffusés sur les médias », a-t-il déploré.

Cette situation, a renchéri M. Issumo, ne reflète rien tant que la conception et la mise en œuvre des projets ne répondront  pas aux attentes des producteurs, tous ces projets seront des échecs à 90%. Le remède, a-t-il préconisé, consiste à mettre les gens qu’il faut dans la gestion de ces différents projets ; de rentrer à la base et  poser  des questions aux producteurs (agriculteurs familiaux) sur ce qu’il faut pour qu’ils augmentent leurs productivités. « C’est en répondant aux besoins directs des producteurs que la quasi-totalité des projets agricoles peuvent aboutir et cela en tenant compte des sites de productions et des marchés de consommation, de  sorte que les voies  d’évacuation soient des voies fluides sans beaucoup des contraintes en brisant certaines tracasseries administrative et policière », a-t-il conclu. ACP/ 

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